J'aimerais devenir écrivain. C'est une passion majeure dans ma vie alors sincèrement si vous vous ennuyez jetez un coup d'oeil, commentez, aimez, détestez, ça aide toujours, pour ce qui est du  [+]

Une table se dressait devant moi.
Des dizaines de bouteilles remplies de ces liqueurs délicieusement traitres et amères étaient posées sur son dessus. Elles semblaient s'élever chacune en face de moi comme une rangée d'arbres centenaires m'empêchant de frayer un passage à travers la brume qui noyait peu à peu mon sens commun. Cette fumée à la fois opaque et intangible que je connaissais par malheur trop bien. Je luttais. Souvent. Parfois trop longtemps. A la façon d'une fidèle nemesis. La paralysie bercée d'un soupçon insidieux d'incertitude. Marcher, courir ou dans la finalité s'arrêter.
Derrière ce voile qui me paraît impénétrable une lumière brillait. La lueur diffuse et pourtant si certaine de ce qu'ils recherchaient tous. Ils. Un peu de haine envers eux malgré toute l'empathie que je puisse me trouver. Un goût acre apparenté aux regrets, aux remords, j'ai bien du mal a les discerner. Cette saveur aux antipodes de mes plaisirs envahissait ma bouche aussi vite que la brume s'était resserrée sur mon cœur sanguinolent. Comme à mon habitude je souhaitais crier. Un cri profond, celui la même qu'on vient chercher au plus bas de son âme, un hurlement déchirant et corrosif baigné dans une bile noirâtre. Mais qui m'entendrait ? Une société insatisfaite et égocentrée dans laquelle je ne peux me fondre ? L'amour innocent mais déjà brisé qui venait de naître au fond d'un être de passage ? Je n'ai guère d'espoir. Alors à son habitude le cri reste enterré et se mêle à la brume et à ce goût d'amertume pour une danse endiablée qui ne cesse de marquer chaque silence qui rythme ma vie. D'un vif coup d'oeil j'aperçois le mouvement de ton corps suivant le tempo de la musique. Chaque déhanché arrache un peu plus l'espoir de te voir un jour en plein soleil. Tes pieds s'emmêlent et sous l'influence de ce tango destructuré je vois la brume se dissiper. Je sens le cri se rassurer, il s'adoucit et commence à fredonner. Il me dit d'une voix suave de garder mes larmes pour un autre jour. Tes frasques arrogantes enrobe mon être d'un miel envenimé.
Le noir complet. Anéantissement soudain de la flamme qui a pourtant vacillé et c'est les doigts qui reviennent s'animer non pas sur ton corps mais sur la légèreté d'une plume. Écrit au sang ces quelques mots qui du chaos créé à nouveau l'épopée de la solitude. La solitude d'un homme qui ne souhaitait qu'aimer.
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