Le crapaud et la grenouille

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Je n'ai qu'un cri : des fables, encore des fables  [+]

Image de Printemps 2020

À trop vouloir se justifier
L’on ment, puis on est démasqué.

Arrivé tard au rendez-vous
De sa cousine la grenouille,
Certain crapaud filou
Accusait l’orage qui mouille
D’avoir sa marche ralentie.
L’excuse paraissant douteuse
Grenouille devient questionneuse :

« Expliquez-moi, cousin, qu’un peu mieux je comprenne :
La douche est chose qui vous plaît ;
Vous ne pouvez prétendre que la pluie vous freine !
— L’eau a fait de la boue, dit son hôte. Jamais
Je n’ai tant patiné.
C’est cela qui m’a retardé.
— Ah ! mon ami, vous m’étonnez, dit la reinette.
Palmé comme vous êtes
Je n’imagine pas que vous ayez glissé.
— Non, sans doute, répond le visiteur
Menteur,
Mais un fameux renard que j’ai accompagné
M’a entraîné dans une chute.
— Une chute ? Pourtant vous n’êtes point crotté…
— C’est que j’ai voulu me rincer.
— Ah ? moi, je vous vois sec ! repart d’un ton abrupt
La grenouille fort soupçonneuse.
— Eh bien…, balbutie le crapaud,
Un ragondin, au bord de l’eau,
M’a prêté sa serviette en éponge soyeuse.
Ce fut de sa part fort honnête
Et je lui adressai de vifs remerciements.
— Remerciez donc plutôt le Ciel, fit la reinette,
De votre grand talent
Pour raconter des boniments :
Votre imagination fait de belles sornettes !
Mais les ragondins sont partis
Pour leurs vacances loin d’ici :
Vous ne pataugez pas, mon cousin, dans la boue
Mais dans votre mensonge, et jusqu’à votre cou. »

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