Le compteur de mètres

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Lorsque je m'applique à la versification classique, je m'attache depuis quelques années à respecter les exigences qu'exprima jadis François de Malherbe : la poésie est fille de contrainte, le  [+]

L'énorme demi-cercle de tôle
Sur le ruban inégal
De latérite, piètre contrôle
Est poussé, trajet bancal,
Par un seul homme, bête de somme,
Torse chocolat luisant
Quintessence du labeur en somme
Sous Phébus omniprésent.
Le cahot métallique s'impose
Aux divers sons agressifs
Que l'avenue en masse propose,
Flux saccadés, compulsifs.

Un docteur-ès-sueur de la rue,
Ce père. Loin de la brousse
Il s'échine. Toute honte bue,
Le compteur de mètres pousse.
Quelle distance en une longue heure
Parcourt-il, le pas peinant ?
Pour quel infâme brouet sans beurre
Va-t-il, courbé, s'échinant ?
Décompte des jours, sans étincelles,
Pour lui rien de bon devant.
En corne épaisse sont ses semelles,
Quand tant épousent le vent.
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