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Le chant des ténèbres et autres lit(h)anies

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le chant des
ténèbres
et autres lit(h)anies






s'il le faut...
s'il le faut je saurai quand et comment : il m'importe
cette retraite
annoncée du charnel en moi
le désert du désir

foutre et vieillesse
vieillesse sans foutre

le deuil du plaisir parce que

rare et funeste pensée
où vais-je m'abreuver à quelle source quel corps me rendra la vie ?

La perte de soi
devenir un chapon un vieux con détenu dans le sidéral monde de l'affliction non non oh non
mille écailles sur mon front ridé et mon corps que je peux rendre moins repoussant donc consommable. Suis-je déjà fini ?
Un chapon ? Une vieille peau !
je dois partir ici là où je suis devenu une momie un spectre un mendiant une larve un éclopé
là où tout est compliqué pour moi – même l'anecdotique, l'éphémère, l'inessentiel, toute chose futile et passagère
pourquoi suis-je revenu dans mon pays alors que je suis la momie, le vieux, l'ivrogne repenti,
celui qui ne décide plus de rien comme si j'avais perdu la raison ! Et si je l'avais vraiment perdue ? Et si je devenais sauvage, méchant, incontrôlable, dangereux pour mon prochain ? Moi qui suis devenu un lecteur assidu de la bible ! Un narrateur du livre légendaire qui raconte une histoire et montre, s'il en était encore besoin, qu'à 140 ans il y avait des bergers choisis par le tout puissant pour peupler de fils et de filles les lieux désertés et désertiques de l'orient mythique . Nous sommes des enfants nous croyons être des précurseurs alors que nous sommes des poursuivants, des retardataires
et notre civilisation est un petit tas de pierres posé sur un immense et riche tumulus de
conquérants.
Notre civilisation refuse l'abondance et préfère la rareté voici la raison de mon combat pour la jouissance et le plaisir charnel
demain pour moi il sera trop tard – je ne suis pas éternel et l'éternel, le grand manitou, ne me guide pas ! Je suis assis sur un tas d'immondices que sont mes rêves et ma vie morcelée, sans relief. Le sexe peut déranger. Mais il n'y a pas de limite ! Seul le coup tordu du destin peut mettre fin à cette quête. En ce cas, je vous jure sur la bible, mon bréviaire désormais, que je m'en irai laissant se construire un monde que mes paroles n'atteindront jamais ! Je ne verrai pas l'homme marcher sur MARS, la planète rouge du sang de l'immensité : les robots me semblent plus adaptés à construire une colonie martienne voire inter sidérale ! Demain les robots feront de l'homme leur serviteur comme aujourd'hui les téléphones céllulaires obsèdent une jeunesse trop étriquée et trop peu impliquée dans la recherche de la raison et du sens commun ! Que cette jeunesse aime le sexe tant mieux ! Mais fera-t-elle mieux que d'imiter les vieux cons, les aînés, dont je peux dire par expérience qu'ils ont raté la marche et n'ont fait que compromettre leur liberté sexuelle et sensuelle ; des gens qui se croient libérés mais sont esclaves. Un peu comme moi ! Alors je recherche toujours ma drogue car celle-là, j'en suis sûr, me libérera des addictions et me donnera le goût à la vie malgré des blessures qui ne cicatriseront pas. Seule la mort viendra clore le débat.
Je n'ai pas peur de mourir ! Je ne crois pas en la résurrection ni à la vie après la mort. Je suis poussière et je retournerai en poussière après un passage express au crématorium !
Alors manger un cul oui encore je dis oui avant de partir pour le grand voyage ! Sucer, bouffer, perdre sa langue dans une caverne dont il faut trouver je ne sais quel trésor caché puis se souvenir que tout geste doit être apprivoisé et solidaire. Respirer ce corps comme on hume un dernier bol d'air frais. Ensuite, il sera trop tard. J'aurai passé la limite, tout le temps qui m'était imparti, tout sera comme un singulier message : prendre du plaisir une ultime fois avant de terminer sa course comme d'autres l'ont finie ! La vie est un moment, la mort, une fatalité inévitable, le besoin de se sentir vivant, une nécessité pour moi ! Je me fous de durer dix mille ans ! Le temps ne compte pas, c'est la façon dont j'occupe mon temps qui fait la différence ! Chapon ou pas chapon ? Eunuque ou pas ? Vieux con ordinaire, dégénéré ou con vicieux se moquant éperdument de passer pour un pervers ! Le temps compte ! Tout est une question de temps. Aussi funeste que cela soit, je refuse de vieillir comme une momie et sous prétexte de je ne sais quel droit à la santé, m'éloigner à jamais du plaisir charnel !
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