Le cafard

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Avant de me consacrer à l'écriture, la lecture a depuis toujours été une passion, un plaisir. Aujourd'hui j'écris des petites nouvelles pour assouvir mon envie de partager mon monde intérieu  [+]

J'ai reçu la vie comme une blessure, une plaie suintante de sang âcre et noir. Est-ce du sang? Ou seulement la brûlure d'un insecte crasseux et infect, dont la grandeur s'élève seulement aux galeries fétides et puantes des egoûts. Une vie sans importance sous le crissement des géants. Quoi? Souffrance! Horreur! Cette vie croule sous mes yeux et mes membres craquèlent. On m'écrase et on m'asphyxie. Je me faufile et cache ma laideur dans le gouffre profond de ma solitude. Plongée dans les ténèbres, je m'enfonce pour protéger mon unique lueur. Lorsque la lumière vient et perce mon existence, un cri arbore ma perte et annonce ma douce agonie. Mon corps et mon âme sont sacrifiées à la faucheuse. Je suis coupable et victime de mon hideuse apparence. Mon unique crime est d'avoir une fois aimé la clarté du jour.
Je suis ce cafard, perdue dans cette quête ultime d'une beauté suprême. Je m'enfouis et m'égare. Dans cette étreinte de l'ombre, je crains le souffle brûlant exhalé par mes meurtriers. Sur mon échine crochue, des gouttes d'eau perlent à la vue de fébriles pantins désarticulés, contrôlés par des fils de soie et d'or. Une poétesse maudite dont le purgatoire est l'encre. Lorsque la plume court d'un sang noir sur la blancheur immaculée de la feuille, enfin, je suis la répugnante princesse des ordures.
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