Le cadeau des cieux

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C'est notre jour.
C'est le jour où les fées se sont penchées sur chacun d'entre nous ; et n'oubliant personne, distribuent les bons points et les grâces à foison.
À qui la bosse des maths, la générosité ? À qui l'inspiration, l'empathie, les bons mots ? Qui donc héritera d'une belle répartie ? Du sens de l'humour, de celui de la fête ?
La couture, la photo, la peinture ou les mots. Chacun attend son dû, sujet patient et sage, en levant haut son front, au-delà des nuages.
Parce qu'on ne sait jamais.
C'est jour de loterie, la grande braderie. Et les cieux capricieux nous bercent de mirages.

Pour l'occasion, le ciel s'est couvert de nuages.
Ils sont gris et bleutés et ne laissent aux cieux, empâtés jusqu'aux yeux, aucune chance, pour l'heure, de trouver la clarté.
Le décor est planté, il nous reste à attendre.
Quoi ? Un éclair, une pensée, ou la révélation d'un nouveau feu sacré ?
Quelle belle mise en scène pour cacher les trucages !
Le ciel a investi et montre ses rouages.

Moi, depuis depuis mon balcon, j'attends que la Muse passe.
Qu'elle me jette en passant, quelques bribes de vers, des mots même pêle-mêle que je pourrais cueillir. Des idées magnifiques, des pensées qui fleurissent, et des parfums d'antan.
J'attends l'inspiration, et touchée par la grâce, je pourrais alors dire ce qui fait mon tourment.
Et trouver le son juste pour traduire mes mots. Qui passent ou bien qui pèsent selon mes émotions.

Alors en attendant que la Muse m'habite, à défaut d'autre chose, et sans contrepèterie, je m'amuse à guetter.
Les nuages qui passent, les lueurs qui les percent et puis celles là-haut, cachées sous les nuées. On les sent habités.
Et les crans, comme des vagues, en rangées cannelées, sillonnent le ciel pâle dans son immensité.
Et c'est ma récompense. Le voilà mon cadeau !
Un univers s'étire en filets bleus et blancs, qui tissent leur cocon au milieu du printemps.
Ça bouillonne et ça fuit, ça passe et ça surgit. Et quelle animation se déchaîne là-haut ! Ça bouillonne sans bruit. On se sent dépassé par tant d'activité.
Seraient-ce nos prières, seraient-ce nos envies ?

Et prendre le temps de voir ce qui vit au-dessus.
Le soleil a percé et les oiseaux reviennent, autour du projecteur, entamer leur ballet ; en rondes concentriques, leur ode printanière.
Les voiles se déchirent dans un muet combat. Et libèrent du bleu qui envahit le monde, lie le haut et le bas.
L'horizon s'est fondu dans cet espace tendre où rien ne se distingue que la vie et l'éclat.
Bras tendus vers le ciel, même si on n'y croit pas. Célébrant la lumière, la vie, et tout ce qu'on voudra.
Car on ne peut pas vivre, les yeux rivés en bas ; car on ne peut pas vivre, l'œil fixé sur soi.
Le monde est grand et lourd, là, tout autour de soi ; le monde change et court, même quand on ne bouge pas.

Il faut lever la tête, entraîner le regard. A y voir autre chose. Même si on n'y croit pas.
Autour, la vie est là.
Car on ne peut pas vivre, en gardant tout pour soi.
Car on ne peut pas vivre lorsqu'on ne sait pas, regarder les nuages, danser autour de soi.
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Mapie Soller · il y a
Pour commencer la journée, une petite rêverie. Merci !
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Nathalie Richard · il y a
Tout à fait ! Et pour avoir (ou garder) le moral :)
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Camille Berry · il y a
Joli cadeau que ce poème ! Merci !
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Nathalie Richard · il y a
Merci Camille !