Le bruit des glaçons

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Romain \ Roméïi L'écriture, mon exutoire, mon confessionnal, en somme rien d'exceptionnel  [+]

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Mais qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi vous me regardez comme ça ?
Je vous fais peur c'est ça ? Moi je vous emmerde moi !
J'ai déconné et alors ? Ça vous arrive jamais ?
Vous qui êtes si parfaits,
J'suis finalement comme vous, seulement un peu plus fou !

J'suis qu'un clochard sous la pluie, comme un chien prit dans les phares,
Comme un camé sans sa dose qui arpente les boulevards, en manque de tout, j'ai envie de rien, j'veux juste qu'on me foutte la paix,
J'emmerde vos regards de travers et vos jugements arriérés,
J'suis bien seul parce que je le veux, t'façon je conviens à personne, et quelque part c'est tant mieux,
Ya bien que ma bouteille de Rhum qui me comprend vraiment, qui m'aide à aller mieux, qui calme mes tourments, au moins une heure sur deux,
Moi j'étais comme vous avant, j'avais des projets d'avenir,
J'avais des envies d'enfants, j'avais prévu de m'unir à celle qui deviendrait mienne le temps d'une vie ou deux,
Je ne parle pas de la bouteille mais d'une belle blonde aux yeux bleus,

Depuis le temps a passé et puis j'ai perdu mon job,
J'ai vu ma vie se vider comme on vide une bouteille de scotch,
J'ai aussi perdu ma femme qui en avait marre que j'la cogne alors j'apaise mon cafard en me perfusant à l'alcool.

Mais qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi vous me regardez comme ça ?
Je vous fais peur c'est ça ? Mais vous croyez quoi ?
Je me fais peur aussi,
Vous qui êtes si parfaits, dites-moi ce que devient ma vie !

J'entrave plus rien quand on me parle et je comprends même plus c'que j'dis,
Tous les jours les mêmes rituels, je déclare la guerre à la vie,
J'suis même devenu fossoyeur, je creuse la terre de mon cœur et j'y enterre les cadavres en lambeaux de mon honneur,
L'alcool est mon seul ami, il efface tous mes soucis,
Il devient irremplaçable, indispensable à ma vie,
Et quand j'envoie tout valser il m'aide à grandes gorgées à oublier tout le mal que je peux faire à autrui,
Ne me prenez pas en pitié, mon malheur est légitime,
Et si mes larmes ont coulé, vous êtes les premières victimes,
J'ai perdu pied par faiblesse, je me suis laissé tomber,
Mon cœur est en feux de détresse, laissez-moi une dernière chance d'essayer de me soigner.

Deux ans de cure et pourtant j'ai toujours les mains qui tremblent,
Ce mal qui raidit mes jambes, ma tête qui toujours demande,
Quelques gorgées de liqueur pour faire couler tout le manque comme artifice au bonheur,
Un canon froid sur la tempe.

Aujourd'hui je fête mes 28 ans mais j'en parais bien 50,
Dans le regard de mes parents je ne peux lire que la honte,
Dans le discours des médecins je vois venir ma fin,
Ma dernière danse c'est certain le jour de mon jubilé, sera dans une boîte en sapin,
Il est trop tard pour changer.

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