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Le bon chat-maritain

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Surtout ne pas quitter le refuge du sommeil même si contre sa joue insiste le soleil.
Le lit est vide et froid, à l'image de son coeur, terre brûlée balayée de toute trace de bonheur...
La douleur se réveille au creux de sa poitrine quand dans les bras d'un autre, heureuse, il l'imagine.
Automate brisé, marionnette sans fils, son corps lourd, épuisé, est un vrai champ de ruines...
En mâle indestructible il refoule les larmes, son absence est partout, torturante compagne.
Les journées se succèdent à porter ce fardeau, "Dieu du ciel, au secours, m'entends-tu de là-haut ?"
Pareil au somnambule il erre de pièce en pièce, lorsqu'un miaulement l'épais silence perce...
Assis et quémandant au bord de son assiette Minou ne comprend pas, il attend ses croquettes !
Elle était belle et tendre, sans cesse il s'y perdait, carburant d'une vie, sa raison d'exister.
Joaillier il aimait mettre en valeur la perle qu'en fin explorateur il découvrait en elle...
Sur les murs d'un voile noir il a caché la dame qui souriait pourtant, geôlière de son âme.
Le fer rouge qui le brûle là où battait son coeur est désormais l'ami, fidèle dans le malheur...
Il se sent inutile et de trop en ce monde, maintenant sa souffrance cachée dans la pénombre.
Elle semblait éternelle... Envoûté, sous le charme, il n'est plus que misère, décrépitude et drame.
N'ayant cure de sa peine, de ses questionnements, Minou gras et repu veut sortir à présent...
Et l'air tiède du dehors brusquement l'interpelle: nonobstant ses tourments, la terre tournerait-elle ?
En faisant quelques pas, soudain il s'arrête découvrant à ses pieds les premières pâquerettes, tandis
qu'un chant d'oiseau la tête lui fait lever, des odeurs de menthe fraîche viennent le taquiner...
Du fin fond de sa nuit il peut apercevoir quand bien même si ténu un indicible espoir,
Promesse d'une guérison certes lente et ardue, mais si l'amour fait mal, n'extermine ni ne tue...
Elle est partie, mais il vit !
Et tandis que Minou s'en va la queue en l'air traquer quelque gibier au milieu des fougères,
A celui qui peut-être de l'enfer l'a sorti, il adresse un sourire en guise de merci...
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