Le baptême (a) ( 1884) d'après la nouvelle de Guy de Maupassant

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

La famille et les invités
Quittaient la chapelle.
On jetait des dragées.

Ayant posé son surplis sur l’autel,
Le prêtre, oncle du bébé nouvellement
Baptisé, se joignit aux amis et parents.
-Curé, prenez un brin vot’ neveu
Que j’ me dégourdisse le bras,
Demanda la mère à l’abbé.
Celui-ci prit maladroitement le bébé
Et caressa ses petites joues rondes
Devant tout le monde.
Alors la grand-mère lui lança :
-T’en auras jamais un comme ça !
Et une jeune fille s’est écriée :
-Si t’en veux un, t’as qu’à l’ dire, curé !

Au déjeuner, se multipliaient
Les mots salés et fripons
Les propos polissons
Qui faisaient
Ricaner les filles.

Le curé, lui, tout tranquille,
Berçait le bébé. Il n’entendait rien,
Ne voyait rien.
Du doigt, il frôlait les lèvres de son neveu
Pour tenter de le faire sourire un peu.
Puis il le prit dans ses bras.
Avec une gravité, il le considéra.
Devant la race qui continue,
Il montrait une tendresse émue.
Ensuite, dans un mouvement très doux,
Il posa l’enfant sur ses genoux.
Mais, troublé par les clameurs de la tablée,
Le bébé a tellement gesticulé
Qu’il alla le coucher à l’intérieur.

Comme le repas durait des heures,
Le prêtre se retira avant le dessert.
Au sixième trou normand, la mère
Partit voir si son bébé dormait bien.
En s’approchant du landau,
Elle vit le curé-doyen
Pleurer devant le berceau.
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