Le bal des papillons blancs

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J'ai grandi sous l'aile d'une grand-mère extraordinaire, une femme de la terre ; un jour j'ai fermé la fenêtre de ses yeux, un jour j'ai fermé la porte du palais où patoisent les mots, un jour je  [+]

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On les aurait dits
Tombés du paradis
Beaux à croquer
Beaux à faire craquer
Le ciel d’été

Toujours est-il
Qu’on les a vus
Tourner, virevolter
Comme deux jeunes premiers
La nature, il faut le dire
Les avait gâtés d’une élégance, d’un raffiné
Et d’un talent à faire jaser
Toutes les sales langues du quartier

Au bal des débutants
Dansaient au grand jour
Dansaient comme des grands
Deux papillons blancs

On peut dire
Qu’ils eurent cette chance
D’être nés en même temps
Faits pour la danse, faits pour s’aimer
Nos deux papillons blancs
Et sous les pommiers
Ils s’aimèrent, s’aimèrent autant
Et peut-être plus
Qu’Ève et Adam
Ils s’aimèrent à en oublier
De boire et de manger
Et sous les pommiers
Ils dansèrent longtemps, longtemps
Comme des perdus
Éperdument

Est-il ailleurs que sur la terre
Cette danse primesautière
Ce tango des condamnés
Ce pas de valse éphémère
Qui vit et meurt
Dans la même journée

Toujours est-il
Qu’ils sont nés
Qu’ils ont vécu
Autant qu’ils ont pu

Ils ont dansé à se saouler
Comme des damnés
Ils ont joué leur rôle
De jeunes premiers
Épaule contre épaule
Sans se soucier

On les aurait dits
Tombés du paradis
Beaux comme des enfants
à jouer leur vie
Sans perdre de temps
Et à danser leur bel amour
D’un jour

Au bal des débutants
On les aurait dits
Si grands, si grands
Nos deux papillons blancs

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