L'âme des oiseaux morts

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Elle pèse bien peu l’âme des oiseaux morts,
Venus de nulle part, quelquefois de passage.
Sur la ligne de crête où l’horizon s’endort,
Le ciel s’est assombri d’un tragique présage.

Venus de nulle part, quelquefois de passage,
Ils ont posé leur nid dans l’ombre des regards.
Le ciel s’est assombri d’un tragique présage
De braise et de cendre, cernes des yeux hagards.

Ils ont posé leur nid dans l’ombre des regards,
Éternels voyageurs en quête d’une branche.
De braise et de cendre, cernes des yeux hagards,
La touffeur s’incendie en chaos de nuit blanche.

Éternels voyageurs en quête d’une branche,
D’un exotique chœur babillait le terroir.
La touffeur s’incendie en chaos de nuit blanche.
Soudain de rouge et noir tombe l’ultime espoir.

D’un exotique chœur babillait le terroir.
Alentour rayonnait la discrète présence.
Soudain de rouge et noir tombe l’ultime espoir.
Un lent nuage gris s’élève du silence.

Alentour rayonnait la discrète présence.
L’absence maintenant ravive des remords.
Un lent nuage gris s’élève du silence.
Elle pèse bien peu l’âme des oiseaux morts.

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M. Iraje  Commentaire de l'auteur · il y a
Petite explication de texte :
Le Pantoum répond à des particularités précises. L’une d’entre elle aurait tendance à le rendre hermétique ; il développe en effet dans chaque strophe tout au long du poème deux idées différentes, l’une contenue dans les 2 premiers vers de chaque strophe, l’autre dans les 2 suivants.
Ici donc, on retrouve les deux propositions :
– Celle de l’oiseau, venu d’ailleurs
– Celle du feu de forêt, surgi de l’horizon
Et au-delà du lent nuage (de fumée) gris qui peut en cacher un autre…, j’ai voulu proposer la métaphore des migrants, quelquefois victimes d’incendie dans des taudis insalubres où ils ont trouvé refuge au prix fort.

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Sylvie Talant · il y a
Heureusement que tu donnes ici la clef de la métaphore parce que je ne l'avais pas saisie mais ce pantoum est quand même beau, même lorsque, comme moi, on n'avait pas compris.
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Gina Bernier · il y a
Merci pour l'explication, je retiens que dans les deux cas, nous sommes toujours des responsables. Pour les feux et il n'y a pas que les oiseaux toute la biodiversité. Et pour ces gens qui recherchent une terre d'asile ,un abri, une sécurité.... Joli et triste .
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V. September · il y a
Très technique et intéressant.
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Willy Boder · il y a
Très bel exercice de style composé de belles images entremêlées.
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Haruko San · il y a
J'aime beaucoup...Bonne chance et au plaisir de Vous lire encore!
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Long John Loodmer · il y a
Migrations inverses et mêmes résultats, trop de morts
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Kolgard Sino · il y a
Effectivement l'explication amène plus de clarté. Ma première lecture m'avait fait comprendre le sens du texte à l'aune des phrases pour elles-mêmes. Et en cette idée, j'avais déjà trouvé la tournure "elle pèse bien peu l'âme des oiseaux morts" déjà particulièrement forte. Avec l'éclaire de votre explication, ça force s'accroit !
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Dominique Mutel · il y a
L'explication de ce pantoum est la bienvenue car de prime abord il semble hermétique, ce qui ne gâche pas son impact esthétique cependant. Mes voix.
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Randolph · il y a
Avec ou sans explication, on ne lit pas de la même manière, mais dans les deux cas c'est beau et triste. Soyons plus vigilants !
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Fanny Perret · il y a
superbe! j'aime beaucoup l'effet produit par les 2 vers repris à chaque strophe, comme une montée en tension
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Gérard Jacquemin · il y a
Brr ! C’est beaudelairien à souhait !!
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Firmin Kouadio · il y a
Simplement ma.gni.fique!

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