La vague

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Tel est l'effet de la vague par ici.
D'abord elle aspire le corps sans pesanteur,
Puis l'objet alpagué coule en douceur.
Enfin d'aucun pesant d'or, il resurgit.
Mais l'eau jette un nouveau sort, et déboule.
Humain? Dauphin? Une autre lame frappe et saoule.
Quand à la sortie, le mur suivant rugit.
Le courant brasse et dame le sable au fond.
Au fond l'esprit se dit: je suis en prison.
Le flot passe et recrache des scories.

Tel est l'effet du quotidien par ici.
Des crocs sans consistance saisissent.
C'est l'eau, c'est le temps, qui s'immiscent.
"Salauds d'éléments" que je me dis.
Je maudis le manque d'assistance,
Je médis du monde que je trouve rance.
Mots dictés par la souffrance d'être incompris?
Vindicte d'une Différence en croisade?
Non, j ne crois pas qu'il s'agisse d'une passade.
La révolte est un abysse où rien ne luit.
Mais la foi n'est pas fausse tant qu'on est soi.
De la fosse, de la faille, provient une voix.
La voie est à explorer: plongeons dans la nuit.

Tel est l'effet de la routine par ici.
Les raffinements de l'Inconnu: absents.
Les fées de l'art ont l'art défait: un blanc.
Page affinée à l'infini.
Mais paginer n'est pas imaginer
S'agiter n'est pas agir mais s'aveugler
A beugler "vivre", on ne chante que des "si"
Et s'il fallait se rendre vulnérable?
Ne se laissera aller qu'au désirable?
L'abandon, c'est se risquer au vide de tout bruit,
Se perdre dans des récifs piégeux
Comme un vers aussi creux qu'orageux.
Or le jeu est de plonger dans ses non-dits.

Tel est l'effet de l'égarement par ici
Par ici, c'est-à-dire dans les gares de mon coeur.
Parricide intérieur, enfantant de la rancoeur.
Se mettre à mal, se mettre à mort et puis...
Quand la lucidité fuit et s'évince,
Que des vins de la pensée, l'âme se rince,
C'est là que vient l'Ivresse. Et quel fruit!
Les vagues s'abattent sans pitié dans le bocal?
Ce feu en fait une danse phénoménale.
La fuite calme l'endoloris.

Tel est l'effet du Mouvement par ici.
Oublier les forces qu'on laisse,
L'émouvant, le meurtrissant, toute faiblesse.
Tout plier, partir gris dans des idées et leurs pays,
Dans des désirs hydratés par la contrainte
Des jours indéfinissables et gorgés de plaintes.
Tout lier et laisser de côté, quel qu'en soit le prix.
Puis apprivoiser le sable ou des renards
Regarder cette aurore pavoiser de mille phares
Et que le pesant des voiles s'envole ainsi.
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