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La timidité des cimes

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Tassé au fond du train qui m’éloigne de toi, je songe à ces nuits grises où les rêves fuient et nous étirent vers l’infini, quand nos corps allongés pareils aux arbres majuscules, se tiennent à distance des sentiments. Les racines enchevêtrées se perdent dans les altitudes et laissent grandir la timidité des cimes.

Le venin se dissipe alors et étrangle dans l’encolure, la parole qui polit les rancœurs assassines. Si le silence est d’or, ici il fait fortune.

Las, derrière le chagrin l’antidote se dissimule. Le souvenir des nuits bleues soudain me harponne et me laisse dans le plus simple appareil. Raidis par l’exil, je quitte les voies de la colère, change de quai pour saisir cet autre train qui me rapproche de l’essentiel, cet amour monument, et entourer de mes bras ton cœur endolori.

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Sylvie Franceus · il y a
Chut.... ne rien déranger de ce silence qui dort et qui est la richesse montagnarde et inaudible. Des arbres sont des gens comme les autres et leurs pieds sont des racines et leurs visages des cimes craintives. Le train ne va pas assez vite pour brouiller les pistes douloureuses qui ne font pas mal aux pieds parce que les rails sont des amortisseurs efficaces mais elles font mal ailleurs. Partout ailleurs dans le corps et son sommet : la tête. La nudité dit le dépouillement triste du plus rien qui ne laisse que des miettes écrabouillées par l'espoir désormais vain.
Les arbres ont cette part d'humanité dont je rêve. Etre un arbre et rien d'autre.
Merci à toi.

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