La routine

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La roue-roue, la routine,
C’est comme une silencieuse machine
Qui lentement se déploie
Afin d’envahir les espaces de ton moi.
*
La roue-roue, la routine,
C’est comme une sensuelle mutine,
Qui doucement vient t’enlacer plusieurs fois,
Avant de te laisser là, glacée d’effroi.
*
La roue-roue, la routine,
C’est comme une rose qui enfonce prestement ses épines,
Le jour où tu ne t’y attends pas,
Laissant ton cœur aux abois, alité par un je ne sais quoi.
*
La roue-roue, la routine,
Si orgueilleuse, si divine,
Qu’elle t’enferme jalousement dans un spleen,
Cher à Baudelaire, cher à Lamartine...
*
La roue-roue, la routine,
Cherche ce matin une nouvelle amphétamine
Pour doper cette pâle pantomime,
Entre ce Théotime et cette Alexandrine.
*
Mélancolique ou nostalgique ?
Tu ne comprends plus d’où vient cette musique,
Tu en oublies les premiers accords physiques,
Où l’esthétique était pure poétique.
*
Comment dès lors redonner une impulsion électrique
Quand un matin la petite aiguille t’indique,
Une fin quasi mathématique,
À ses nombreux attraits biologiques.
*
Oubliant cette aube magnifique,
Tu t’es peu à peu dissimulée dans la symbolique,
D’un couple aimant et domestique,
Erigé en valeur de la République.
*
Est-ce faire affront à tes prunelles angéliques,
Que de te dire que la chimie n’est plus organique ?
Et que du côté du cœur, tout est devenu automatique,
Afin d’apaiser nos ut chimériques ?
*
Ton âme poétique, instantanément,
Est prise de panique, de tourments ;
Elle se voit succombée, lestée d’un poids inique,
Et immanquablement, sombrée vers le tragique.
*
Face à ces jeunes sons rythmiques,
Ton cœur s’imagine un bug électronique,
Ton âme, elle, sensible à cet accord érotique,
Sait que derrière ce lourd rideau métallique,
Se prépare une nouvelle alchimie quantique,
Et qu’un autre cœur, tout aussi extatique,
Palpite à la lumière de cette mystique unique,
Propagée par les ondes de cette merveilleuse acoustique.
*
N’aie surtout pas peur, mon cœur, de dire à demain,
Car, au fond, tu le sais très bien,
Qu’un autre amour est en chemin,
Pour se recueillir là, tout contre ton sein.
*
Mon amour, non, notre amour n’était pas vain,
Il était seulement estampillé de l’incertain ;
Un peu comme la rosée de ce matin,
Qui, peu avant midi, s’est évaporée à dessein,
Afin de revivre un amour plein,
Afin d’accueillir un amour sain,
Et de jouir,
Pleinement,
À nouveau,
Demain.

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