La pomme au compotier

il y a
1 min
1 277
lectures
263
Finaliste
Jury
Recommandé
Alanguie dans un compotier
Une pomme, un rai de lumière,
Un ruché de rose trémière
Près d’un banc, au bout d’un sentier.

Silencieux, couché, je regarde
Les ampleurs du fruit défendu :
La rosée sur sa peau tendue
Perle et suinte puis... s’attarde

Indécise, au rond de sa joue...
Pour continuer sa chute lente
Telle une larme qui serpente
S’accroche... se lâche... et s’enjoue

De la pesanteur qui l’entraîne
À folle allure en contrebas
Tandis... qu’alité... je me bats...
Contre ce chancre qui me traîne

Aux pires gémonies chaque jour !...
Ô pomme rouge, d’ocre et d’ambre
Entraperçue depuis ma chambre
Où je demeure pour toujours

Quémande à ce Dieu qui t’écoute
D’abaisser plus tard mon rideau
Que j’ouvre encore deux cadeaux :
Mes yeux, pour toi, quoi qu’il en coûte !

Dis lui qu’à t’avoir fait si belle,
Il ne peut te laisser ainsi
Seule, exposée, à la merci,
En me couchant à la tombelle !

Et que, sans doute, si je meurs,
Resteras-tu triste, orpheline,
Privée de ma cour masculine
Qui revigore mes humeurs...

Ou bien, s’il ne fait volte-face,
Qu’il me permette, accommodant,
De mordre en toi à pleines dents
Comme en la vie... dont il m’efface !

Alanguie dans un compotier
Une pomme et, sous mes paupières,
Un papillon voit la Lumière
Et s’envole à jamais du sentier.

Recommandé
263

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !