La petite boîte en fer

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Image de Automne 2012
Dans un coin du grenier de sa maison d’enfance,
Un homme a retrouvé un’ petit’ boîte en fer
Sous un’ pil’ de cartons de photos de vacances.
Il revoit son passé comm’ si c’était hier.

Il la caress’ du doigt puis souffle la poussière.
Hésitant et fébrile, il soulèv’ le couvercle
Et, sous ses yeux d’adult’, son trésor de naguère
Lui revient en plein cœur. Les souvenirs l’encerclent.

Il écras’ une larm’, pass’ un’ main dans ses ch’veux,
Revient dans la cuisine et se sert un café,
Puis étal’ sur la table, en tailleur près du feu,
Ses bricol’s de gamin, son passé retrouvé.

Des petites voitur’s, un papier de gâteau,
Des petit’s figurin’s des années Poulydor,
Une bill’, deux trois dés et un jeu de tarot,
Plein de vieux jouets qui à ses yeux val’nt de l’or.

Un’ photo de famille où il se cache encore,
Un habit du dimanch’ dont il n’a plus souv’nir,
Il revoit sa grand – mèr’ s’écrier « Mon trésor ! »
Et sa sœur lui voler sa petite tir’lire.

Dans un coin de la pièc’, son pèr’ fume un cigare.
La moustach’ de grand–père et sa pipe d’Afrique,
Tous ces petits détails enfouis dans sa mémoire
Rendent notre homme heureux et un peu nostalgique.

Puis c’est l’adolescenc’ qui soudain r’fait surface,
Le collèg’, le lycée et leurs petits tourments.
Une’ photo de Montand, sa grand’ gueule et sa classe,
Il réentend Souchon chantant « jamais content ».

Et sous l’articl’ montrant Saint–Etienn’ triomphant,
Une bague, un collier, un instant l’interpellent.
Le visag’ de cett’ fill’ qu’il aimait à vingt ans
Se dessin’ sous ses yeux. Tranquille il se rappelle.

La première main glissée sous un pull en tergal,
Les balad’s romantiqu’s au parc des Butt’s-Chaumont,
La premièr’ fois manquée où elle eut un peu mal,
Tous ces instants perdus dans un simple carton.

Qu’a-t-elle fait de sa vie ? Où est-elle maintenant ?
S’est-elle mariée avec ce fameux Jules ?
A-t-elle eu sa maison ? A-t-elle eu des enfants ?
Un souvenir pareil, lui fait prendr’ du recul.

Il se lève étourdi, perdu dans ses pensés.
Sa mémoire bouillonn’ de ces anciens amours.
Tout’ sa vie s’est bâtie sur des actes manqués.
Il tourne alors distrait son regard vers la cour.

A la fenêtre il voit ses enfants et leur chien
Courir dans le jardin, qu’il a connu petit ;
La ros’raie, le lilas et l’allée de sapin,
La balançoire en bois, rien n’a bougé depuis.

Sur la terrasse en teck, à l’ombre du vieux chêne
Que son père a planté lorsque sa sœur est née,
Les femmes sont assis’s autour d’une verveine.
Elles regardent les goss’s sans même se parler.

Et puis un peu plus loin, son beau frère discute
Avec son premier fils qui a maint’nant vingt ans.
Il n’ l’a pas vu grandir, ça n’était pas son but.
A l’époque il pensait travail et non enfant.

La boîte en fer tenue entre ses doigts tremblants,
Notre homme march’ le long de l’allée de sapin.
Que fera-t-il demain ? Trouveras-t-il le cran
De retourner à sa vie comme si de rien ?

Debout sous le lilas, il se penche vers la pierre,
Plein’ de fleur et de plaqu’s, sur laquelle il dépose
La petit’ boîte en fer en cadeau à son père ;
A l’ombre du lilas, où maint’nant il repose.

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Geneviève Marceau · il y a
J'espère que tu songes faire un recueil avec tout ça, t'es génial!

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