La mer

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Image de Eté 2016
Enclave d’infini au cœur de ce bas monde,
Car la terre est menue et sans limites l’onde,
Ô mer ta démesure est à l’aune des dieux
Ton espace géant est l’annexe des cieux !
Lorsque tu te répands en beuglements sonores,
On croirait un lion qui le sable dévore.
J’aime te contempler du haut de tes remparts,
Le regard enivré par l’azur, ton nectar,
Lorsque tes blancs moutons en cohorte grégaire,
Se bousculent, compacts, sous l’œil de leur bergère.
Las ! Tes raz-de-marée et autres tsunamis
Font autant de dégâts que des fronts ennemis.
Lorsque éclate ton ire aux clameurs formidables
Nos châteaux-forts d’orgueil se font châteaux de sable ;
Combien de matelots partis avec entrain,
Firent le lendemain des veuves de marins !
Combien mirent le cap pour de vierges frontières,
Qui ne purent jamais proférer le mot « terre ! ».
Combien d’aventuriers mus par des rêves d’or,
Ne revirent jamais la rade ni le port !
Conquérants au long cours dont la course fut brève
Vous tombâtes à l’eau à l’instar de vos rêves.
De la fière Ibérie l’invincible armada
Fut vaincue par tes flots et non par le combat ;
Quand valse le bateau et que la proue se cabre,
Strauss s’éclipse au profit de la danse macabre.
De Paul et Virginie tu brisas le destin
Dont l’idylle dura l’espace d’un matin.
Océan du mystère et des incertitudes,
Qui as fait un tombeau du golfe des Bermudes !
Sur la route du rhum ô combien de skippers
Durent boire la tasse et non pas la liqueur !
Mais malgré tes fureurs, grande bleue on t’admire
Ô mère du meilleur aussi bien que du pire !
Des baladins issus de marines cités,
Chantèrent ta splendeur et ton immensité.
De Brassens à Trenet au rythme de la houle,
Ils firent de ton bleu une diva des foules.
Tu as tant fasciné de poètes côtiers
Tels que Chateaubriand qui repose à tes pieds !
Quand tremblent tes rochers sous les gerbes d’écume
Le mage subjugué, lyrique prend sa plume.
Ô Nature inspirée qui peint le monde en bleu,
De l'azur de la mer jusqu’à l’azur des cieux !
Océan d’épopée, des voyages d’Ulysse
Jusques à l’Atlantide et aux profonds abysses !
Mers du sud de légende, asile des forbans
Des îles sous Phébus, des îles sous le vent.
les Grecs t’on consacrée en inventant Neptune,
On peut même te voir dans les quartiers de lune.
À Baudelaire enfin l’honneur du dernier vers :
Homme libre toujours tu chériras la mer !

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