La main (d'après la nouvelle de Guy de Maupassant)

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

M. Berthier, juge d’instruction,
Se mit à sourire gravement,
Comme sourient tous les juges d’instruction,
Et nous dit : « Je vais maintenant
Vous conter un souvenir qui date du temps
Où j’étais en poste à Bastia.
Je n’y entendais parler que du prix du sang,
Cette terrible coutume : la vendetta.

A l’écart de la ville,
Dans un coin tranquille,
Un étrange britannique
Venait d’acheter un pavillon de briques
Et ne cessait de causer bien des ennuis
À ses voisins. Avec le brigadier
Et deux gendarmes, je me suis rendu chez lui.
Était-ce un contrebandier ?
A-t-il quitté sa patrie pour raison d’État ?
A-t-il commis des actes impardonnables ?
On ne le savait pas.

Quand nous arrivâmes, il passait à table.
L’homme, très large, très grand,
Les cheveux rouges
Le teint et la barbe rouges
Nous offrit un verre de vin blanc.
Le brigadier posa ses questions
Avec de grandes précautions.
Il y répondit sans embarras
Puis ajouta :
-J’ai bôcoup voyagé en Amérique,
Aux Indes, en Afrique....
J’ai chassé le tigre, l’éléphant,
Le gorille, et même l’être vivant !
Il nous montra ses armes à feu, ses épées
Et ses poignards. Puis j’ai remarqué
Fixé sur le mur un cimeterre
Relié par une chaîne de fer
À une main desséchée noire.
J’ai voulu savoir
Ce qu’étaient ces trophées pendus là.
Calmement il me dit :
-Mon meilleur ennemi vené de Namibie.
J’ai coupé sa main avec ce sabre-là.

S’écoula une année
Sans que je le revis.
Puis un soir, la gendarmerie m’apprit
Qu’il venait d’être assassiné.
Quand nous arrivâmes chez lui
Avec le légiste, il faisait presque nuit.
La chaîne avait été rompue
Et l’horrible main avait disparu.
Qui avait pu commettre ce larcin ?
Puis en examinant avec le médecin
Le corps du défunt, nous vîmes sur son cou
Une balafre et cinq petits trous.
Nous procédâmes aux constatations.
Aucune porte n’avait été forcée.
Aucune fenêtre n’était cassée.

Deux jours plus tard, le gardien du cimetière
Vint me faire cette déclaration :
-J’ai trouvé cette gibecière
Posée sur une tombe. Ouvrez-la.
Elle contenait la main. Je n’y croyais pas.

J’ai déduit que son propriétaire l’avait
Récupérée...avec la main qui lui restait.
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Duje · il y a
Une odeur de charia ?
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Dolotarasse · il y a
Waouh fait pas bon d'être voleur ;-).
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Charles Dubruel · il y a
vous avez raison !
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Francine Lambert · il y a
Une vendetta dont l'enjeu passe de main en main . . . j'aime beaucoup l'atmosphère de ce poème narratif !
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Charles Dubruel · il y a
merci, merci, Francine
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Paul Thery · il y a
Ah ! Les contes fantastiques ! Après il faudra s'attaquer à Poe, Gautier et Merimee ! Du travail en perspective pour les années à venir !
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Charles Dubruel · il y a
merci, Paul de m'encourager ! mais je dois avoir encore une centaine de nouvelles de Maupassant à "traiter"...
ceci dit, je ne dis pas non

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Dranem · il y a
Récit fantastique bien "enlevé " comme cette main qu'on retrouve, je reconnait "la Main d'écorché" considérée comme la première nouvelle de Maupassant !
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Charles Dubruel · il y a
monsieur Dranem a des lettres !! + merci au passage pour le compliment !
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Thara · il y a
Le propriétaire de la main est venu réclamer sa vengeance par le sang...