2
min

La légéreté des choses...

Image de Janteloven

Janteloven

2369 lectures

66

FINALISTE
Sélection Jury

Recommandé
Sa tête dit non, mais son corps fait le contraire
Elle est au diapason de l’homme qui la desserre
Ou plutôt qui l’enserre, dans une étreinte décidée
Le manque a ses enfers, la morale ses ratés
Elle ne pense plus à rien, sinon à son plaisir
Où dans le va-et-vient, il comble son martyr
Sans plus de sentiments, se dit-elle, libérée
Ainsi se dédouanant, d’un amour séquestré
Trahissant ce qu’elle est ou qu’elle pensait être
Ses paroles délitées sous les feux du paraître
Ce n’est rien qu’un accord, un moment hors de soi
A l’envers du ressort, qu’elle a à son endroit
Se plait-elle à se dire, alors même que sa langue
Se perd aux repentirs, de ces maux qui l’haranguent
Une volute de parfum, ses reins qui se creusent
Serait-il si malsain d’embellir ces vareuses
De quelques jouissances, de besoin d’abandons ?
Quand bien même sa transe au dégout se morfond
Quand bien même s’abiment, son image et ses mines
A mesure que s’animent ses caresses félines
Elle se donne, il la prend sans rien lui demander
L’opposé l’est autant, comment se l’avouer ?
Si ses lèvres ont le goût d’un jeu de soumission
Son bassin d’un-à coup, s’approprie leur onction
Car c’est elle qui choisit, lui, il n’est qu’un homme
Il dira toujours oui, continuel axiome
Si l’après est cruel, de remords et de vide
Elle n’en est pas moins belle et son corps se débride
Oubliant un instant, ses préceptes érigés
Comme de grands serments, aux clameurs éhontées
Il remplit consciencieux son exquise besogne
Prenant soin de ses vœux, soulageant sans vergogne
Leurs désirs latents et sa peau qui frissonne
Emportée par le vent de leurs râles isotones
Sa froideur, sa distance ont volé en éclat
Le temps d’une clémence, à l’honneur narquois
Elle l’embrasse un peu plus, sans passion paraît-il
L’amitié a ses us, ses coutumes infertiles
Rien de grave après tout, qu’un peu de libation
A l’ivresse taboue, aux miroirs de plomb
Elle le sent aux frontières, de séismes divins
Ses cuisses sont de lierre et s’unissent au malin
Qu’elle dépeint quelquefois, quand ses mots sont trop durs
Qui l’emmène aux trépas, en cette onde luxure
Il sera temps plus tard, d’avoir quelques regrets
Ou du moins des égards à sa moralité
Si d’ailleurs il le faut, elle n’en est pas très sûre
L’absence a pour fardeau de brûlantes ratures
Son ami-ennemi la rejoint aux édens
Son cristal s’est terni aux confins de l’hymen
Que pourrait-il bien dire de cette pulsion intime
Qu’elle gagne en soupirs ce qu’elle perd en estime ?
Ou que l’on a qu’une vie, qu’elle ne fait rien de mal
Qu’il est plus qu’elle ne dit ou que ça lui est égal
Pour autant pas besoin de mettre au pilori
Son mica, son destin, sa vertu même aussi
Tandis qu’il se retire de l’étreinte informelle
Son si mesquin sourire souille sa larme vénielle
Car là sous la détresse d’une si naïve prose
Sans complexe, se dresse la légèreté des choses...

PRIX

Image de Hiver 2014
66

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Laine
Laine · il y a
Salut c'est super ,
·
Image de Arlo
Arlo · il y a
Bonjour à vous,
J'avais aimé commenté et aimé votre poème. Aujourd'hui je vous invite à découvrir le mien "A l'air du temps" en finale du grand prix été poésie 2017. Bonne soirée.

·
Image de deleted
Utilisateur désactivé · il y a
Plaisirs et souffrances mêlés...une montée sublime pour une chute terrifiante...mortifère et culpabilisante! Des images tournoyantes...et entêtantes...
Un résultant que j'aime particulièrement!

·
Image de Milady Write
Milady Write · il y a
j'aime énormément! un texte de qualité aux touchantes images, à la fois riches et légères. Chapeau.
·
Image de Pas si fleur
Pas si fleur · il y a
Touchée !... par la sensualité de ces maux...
·
Image de Nabelle Martinez
Nabelle Martinez · il y a
sublime ! bravo. écrire aussi habilement une telle déchirure.... bravo. je vote même après.
si le coeur vous en dit, venez faire un tour près de mon arbre : http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/au-pied-de-l-arbre-1

·
Image de Nadou
Nadou · il y a
Bravo pour ce texte fort ! De la légèreté , de la sensualité sous une souffrance indéniable ! Bravo ! Et merci pour ce partage !
Si ce n'est déjà fait, Je vous invite à flâner un instant sur mon poème en finale !
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/mon-eden-1

·
Image de Jean-Francois Guet
Jean-Francois Guet · il y a
J'ai voté pour votre légèreté;-)
aimerez-vous mon « Oasis » en compétition « court-court » ?

·
Image de M. Iraje
M. Iraje · il y a
33 ça faisait un peu cabinet médical. Alors, en voilà un autre.
Un tourbillon...Dans les finalistes aussi, aller voir DAVID qui s'ébat en caresses.

·
Image de Janteloven
Janteloven · il y a
Merci beaucoup et je suis déjà aller le voir et voter mais merci pour le partage.
·
Image de Sylvie Loy
Sylvie Loy · il y a
Je suis d'accord avec le commentaire précédent. C'est un poème sensuel certes, mais j'y ai ressenti une lente et paradoxale libération dans le plaisir assouvi, sous le regard masculin encore (et toujours !). C'est un poème merveilleusement imagé ! Voici mon vote ! (N'hésitez pas à passer me lire, j'ai actuellement deux TTC en finale !)
·
Image de Janteloven
Janteloven · il y a
Merci beaucoup..., je vais lire vos textes de ce pas !
·

Vous aimerez aussi !

Du même auteur

Du même thème