La feuille et le courant d’Air

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Tendre est la nuit dans les bras de la lune Je me souviens de cette nuit Et surtout du silence qui s'en suivit  [+]

Voici l’histoire de Feuille,
Une feuille qui un jour fut arrachée de son arbre :

Arrachée de son nid,
Feuille était seule,
Sans pouvoir se nourrir,
Condamnée à mourir,

Ses sœurs,
Solidement accrochées à leurs branches,
Continuaient leurs vies,

Quand le soleil brillait,
Que ses sœurs chantaient,
Feuille voyait ses nervures s’assécher,
Et guettait la rosée,
Pour retrouver vivacité,

Quand la lune brillait,
Que ses sœurs dormaient,
Feuille était pétrifiée par la peur,
Que cette nuit, un rongeur,
Soit en excursion,
Et lui grignoterait une portion,

Arrachée de son nid,
Feuille se trouvait seule,
Sans ami,
Condamnée à perdre la vie,

Feuille luttait pour sa survie,
Sans personne pour l’aider,
Ses sœurs étaient bien trop occupées,
À arborer leurs couleurs d’été,

Un matin,
Feuille fut réveillée par un courant d’Air,
Il l’emmena dans les airs,
Jamais elle n’avait connu pareille sensation,
Feuille était en vie,
Bousculée par des émotions,
Puis courant d’Air s’en alla,
Sans faire de bruit,

Arrachée de son nid,
Feuille était seule,
Sans pouvoir se nourrir,
Condamnée à mourir,
Arrachée de son nid,
Feuille se trouvait seule,
Sans ami,
Condamnée à perdre la vie,

Un lendemain,
Le courant d’Air revint,
Feuille était heureuse,
Elle dansait avec lui,
Lui donnait câlinerie,
Feuille était amoureuse,
Courant d’Air trouva artifice,
Pour quitter le délice,

Mais Feuille n’était pas inquiète,
Elle savait qu’il reviendrait,
Elle l’attendait,
Elle se faisait coquette,
Elle ne craignait plus le soleil,
Et n’avait plus peur de la nuit,
Courant d’Air la ressusciterait,

Courant d’air réapparut,
Et petite feuille s’envola,
Courant d’air semblait confus,
Son quadrille était nerveux,
Feuille ne comprenait pas,
Elle avait bonheur d’être deux,
Et courant d’Air se dissipa,

Feuille était seule,
Sans pouvoir se nourrir,
Condamnée à mourir,
Sans ami,
Condamnée à perdre la vie,

La dernière fois que Feuille vit courant d’Air,
Elle avait la mine décontenancée,
Le soleil l’avait asséchée,
Et un rat avait grignoté son nez,
Courant d’Air l’avait laissée sans nouvelle,
Il la fit danser, danser, danser,
Emportée dans cette ardeur,
Petite Feuille heurta un arbre,

Alors l’âme de Feuille déploya ses ailes,
Courant d’Air refusa une telle offense,
Et souffla de plus belle,
Pour garder la feuille ici-bas.

Désormais, vous connaissez l’histoire de Feuille,
Cette petite Feuille fragile,
Loin de sa famille,
Perdue dans ses déboires,
Mais avec comme candide espoir,
Qu’un courant d’air l’aiderait,
Au lieu de la briser.

Feuille m’a demandé d’écrire à sa mémoire,
Méfiez-vous des idylles trop belles,
Elles peuvent être mortelles.
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