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Qualifié

Une forme sans forme, oublieuse du temps,
Ou pour ainsi le dire oublieuse de l'âge,
Du sien comme d'autrui et des nombreux ravages
Qu'il lui occasionna, mais dieu sait, l'acceptant,

Qui tire de son sac un fard rouge éclatant,
Le passe sur ses joues en guise de grimage,
Lisse sa chevelure, ajuste son corsage,
Et sotte me sourit en un rictus content.

Après un long  voyage un matin de septembre
Épuisé je cherchais pour dormir une chambre
Qu'on m'avait indiquée au centre d'Amsterdam. 

Derrière sa vitrine, insolite et assise,
Exposée aux regards telle une marchandise
En mon cœur elle reste à jamais, cette Dame.

PRIX

Image de Été 2019
100

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Artvic · il y a
Et hop!! 100! Vous avez peint une toile ! 🌟🌟🌟🌟🌟 Si je pouvais !
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Joël Riou · il y a
Beaucoup de pudeur et de "compa / ssi /on "(diérèse) dans ce sonnet de facture néo-classique telle que définie par le fameux traité de Gilles Sorgel, très en vogue actuellement.
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Noellia Lawren · il y a
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Eisas · il y a
Toutes mes voix pour cette émouvante évocation d'une forme de misère, que vous abordez avec une très belle humanité !

Je vous invite à lire "Les vies de l'eau" dans la catégorie Poèmes

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Loodmer · il y a
Loin des connaissances des férus de poésie j'ai bien aimé ton souvenir des rues chaudes
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Vitch Perse Blanquito · il y a
la dame a Saddam
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Vianney Roche-Bruyn · il y a
Comment analyser ce sonnet ?
D'un point de vue métrique pur, il n'est pas excellent, loin de là. Pour ce qui est des règles propres au sonnet, il convient d’éviter les répétitions hors pronoms personnels, déterminants et auxiliaires avoir et être.
Sinon, l’intention est belle et le message est passé. La technique n’y est pas vraiment, mais le fond ne manque pas de profondeur et de style. Je ne puis, en tant que poète attaché à la forme classique, lui attribuer beaucoup de votes, mais votre style est prometteur et j'attends de voir la suite !

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Titus · il y a
Pas compris! En quoi la forme n'est pas respectée (La métrique...???... )? Quant aux répétitions je ne les ai pas trouvées. Et la technique en général? Merci de documenter vos explications, j'y serai attentif
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Vianney Roche-Bruyn · il y a
Répétitions : oublieuse (vers 1 et 2), forme (vers 1, 2x).
Métrique : occasionna (fait 5 syllabes en poésie).
Prosodie : et assise (hiatus).

Je vous renvoie vers le traité de poésie de Gilles Sorgel librement accessible pour les règles classiques, et le Littré (littre.org) pour la métrique.

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Joël Riou · il y a
C'est vrai, mais Daniel Lajeunesse, auteur reconnu sur le site, évoque le style néo-classique (défini chez Sorgel) qui permet des écarts avec la norme classique, alors soyez indulgent ...
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Titus · il y a
Toute règle s'interprète, sinon on tombe dans le formalisme. Apollinaire et Aragon ont bien fait de dépoussiérer la notion de rime masculine et féminine, par exemple, procédé qui, quand il était intangible, conduisait à l'absurde en préférant l'écrit à l'ouïe.Une synérèse sur occasi-o-na serait inaudible, voire incompréhensible. Roman Jackobson fait de répétition le fin du fin de la poésie dont la rime en est l'application la plus revendiquée! Le Cid était psalmodié et non "joué" comme aujourd'hui lors des représentations, et Mlles Rachel et Bernard ( Sarah ) déclamaient non sans artifices...Actuellement elles seraient ridicules...Les choses évoluent...En tous cas je suis ravi au possible d'avoir de tels échanges avec des amis intelligents et généreux. Merci à tous d'être là, ça réconforte...
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Titus · il y a
1/ forme n'est pas une répétition mais la juxtaposition du mot forme en deux de ses sens: silhouette (Une forme surgit au bout de la rue ) / morphologie ( de forme carrée ), les deux mots s'annulant pour en renforcer le sens. Si je puis dire c'est un oxymore par polysémie ( J'aurais pu dire: "une chose sans forme", fastoche, mais moins évocateur de la forme informe de la forme ) 2/ Pas de répétition d'oublieuse, mais reprise, explicitation: oublieuse du temps comme oublieuse de son âge. Cf l'expression: donner du temps ( De la durée de faire ) au temps (l'écoulement des jours). Dans un autre cas: " Que je ne puis la VOIR sans VOIR ce qui me tue". Corneille. Un jeune promis à un bel avenir 3/ diérèse /synérèse sont laissées à l'appréciation de l'auteur, même par les classiques:"[ …] blanchi dans des travaux guerriers …. […]flétri tant de lauriers". ( Corneille, Le Cid, bien sûr ): synérèse. " Ma douce main […] : Passe et rit sur ta chère chair en fête / Rit et jouit de ton jouissement" ( Verlaine, Ballade à Sapho ): répétitionS + diérèses de "jouir". Y'a un vers où Hugo reprend le même mot (Horreur ), une fois avec, une fois sans diérèse. ( J'ai oublié ce que c'est. Humbles excuses, "MIASMES", je crois ??? sous toutes réserves comme disent les indiens habitués à y vivre -polysémie de "réserves"= jeu de mots génial de moi ). Bref rien n'est fixé par personne 4/ "Sa mère épouvantTÉE ET pleine de blasphèmes" (Baudelaire. Les Fleurs du mal) un peu plus jeune que le précédent, mais pas de beaucoup dont on devrait entendre parler à condition qu'il revoie (corrige=polysémie de "revoir" ) au moins ce hiatus. 5/ Vous avez laissé échapper ( C'est pas bien, ça ! ) Amsterdam -rime masculine et Dame, rime féminine. Mais j’appellerai Apollinaire et Aragon à la rescousse. Ces cons, ils ont donné une nouvelle définition à cette classification en fonction, non de l'orthographe, mais du phonème, libérant ainsi la rime de ses contorsions: encor pour encore, pensers pour pensées etc..Oilà. Re-bonne lecture ou plutôt bonne re-lecture
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Titus · il y a
Malheureusement ( Pour moi ! ), je déteste Baudelaire qui accumule les adjectifs inutiles; la rime ( Parfois laborieuse ) à la fin d'un vers ne vient souvent là que pour se justifier elle même sans ajouter de sens. Ses alexandrins en 6-6 ont le rythme martial d'une musique à deux temps. Cela a certes de l'ampleur, de l'emphase, mais où est la trouvaille d'un mot inattendu qui donnerait à celui-ci la puissance évocatrice qui fait la poésie en particulier et tout art en général? Car même la photographie transcende l'objet en ce qu'il est pour en faire ce que voit photographe: tout autre chose. Baudelaire nous offre une réalité réelle alors que nous voudrions la trouver de l'autre côté de ce miroir dans lequel nous sommes obligés de nous voir, alors que la vérité serait peut-être - qui sait? - ailleurs. Ses ailes qu'il croit de géant l'empêchent non de marcher, mais de nous permettre ce passage. Enfin, c'est mon avis et j'ai la satisfaction de le partager avec moi-même. ( Un vrai grand poète: Aragon, aux rimes riches et aux mots si ouverts à la multiplicité du sens ). Je dis tout ça pour le plaisir de discutailler et non pour écarter un avis auquel j'adresse sans arrière-pensée mes remerciements courtois et reconnaissants.
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Joël Riou · il y a
Moi, j'aime bien Baudelaire et ses ailes de géant !
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Virgo34 · il y a
Pas trop d'accord avec ce que vous dites, mais j'ai déjà assez d'ennemis comme ça, alors passons... Ceci dit, vous savez toucher par vos mots et vos alexandrins qui ne sont pas toujours 6-6 mais qu'importe...
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Alain.Mas · il y a
Je ne suis pas un érudit, je suis venu très tard à la poésie. Sonnets ,alexandrins ,rimes, ce n' est pas mon fort. Votre poème m'a beaucoup intéressé j y ai trouvé quelque chose de neuf. On ne devrait pas citer d'autres poètes pour commenter une oeuvre., on peut se tromper.
Je n'aime pas tellement beaudelaire , mais le poème , ma fait penser (à tort) â un poème de baudelaire (Il ya quand même quelques pépites.dans son oeuvre.je préfère Houellebecq que beaucoup considére comme un non poète et kenneth white avec sa géopoéique et son langage au dessus du mental.
De Aragon que je connais très mal, je n'ai lu que son chef d'oeuvre Le Paysan de Paris.

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Alain.Mas · il y a
Beau poème et écrit avec une telle légèreté. Pas de malaise, c'est un poème à la Baudelaire. Un des plus beau que j'a pu lire sur ce site. Bravo.
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Virgo34 · il y a
C'était juste pour attirer l'attention, n'est-ce pas ?
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Alain.Mas · il y a
J'aurais voulu être sérieux mais Baudelaire m'a dit tu deconnes. C'est peut-être la Dame qui m'a plu.
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Nualmel · il y a
Votre poème est fort du point de vue du sens. Et me touche. Dès la première lecture je me suis arrêtée au second quatrain. Qui heurtait mes oreilles par ses sonorités dures. Puis les tercets qui reprennent le fil avec plus d'harmonie. Revenant au quatrain en question je m'aperçois que vous avez manifestement choisi ces consonnes qui claquent et ces assonances.
Et là j'imagine le travail pour débusquer les bons mots.

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Titus · il y a
Ecrit quelques mois après, encore sous l'émotion. Les mots, effectivement comme vous le notez -deux parties, l'une de lassitude et d'indifférence ébétée, l'autre adoucie en trois vers, les mots se sont imposés. En tous cas je me sens flatté même si j'assume la forme de ce récit. Merci pour tant d'honneurs....
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Nualmel · il y a
Bah je n'écris pas beaucoup et ne lis pas assez de poésie. J'essaie de la recevoir comme de la musique....
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