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La cour du roi

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John Liam

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Tandis que les lions se taillent leur part,
Au royaume dit du soleil couchant,
Fiers comme des paons ces odieux salopards,
Les moutons dépérissent dans les champs,

Aveugles, sourds et muets aux maux du troupeau,
A demi-mots de vrais loups solitaires,
Ils s'enhardissent, doux comme des agneaux,
Suspendus au Lion et sa langue de vipère,

Lors d'une assemblée en grande séance,
Les fauves se justifient tout en éloquence :
« Pas de quoi fouetter un chat mes amis
Nous ne faisions que manger en famille ».

Les perruches de la cour rapportent à tue-tête,
« Est-ce crime que se remplir la panse ?
Il n'y a point de lézard, point d'offense,
Cessez de chercher des poux ô peuple de bêtes. »

La grogne adoucis la basse-cour se rendort,
Seul un chimpanzé quelque peu lettré,
Mouton noir seul à n'être point berné,
Persiste et signe d'un trait de style retors.

Il écrit : «Notre roi, gros comme une loutre,
A noyé le poisson pour mieux vous la foutre ! »
Prendre le taureau par les cornes est risqué,
Personne ne sait quelle mouche l'a piqué.

Sa majesté et sa meute restent silencieux,
Le primate réitère ses singeries :
« Vos prés sont la proie d'un scélérat fallacieux.
Quel scandale ! Le loup est dans la bergerie ! »

Rien n'y fait. On reste sourd et on le diffame.
Le Lion peut dormir sur ses deux oreilles,
Tant que les moutons bêlent aux corneilles,
Et mangent à leur faim, dociles ils se pâment.
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