La corde

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LA CORDE
Torsadée, elle glisse sur mon cou, farouche et rebelle,
Telle une goutte de champagne rosée, glacée, en dentelle.
Je sens ces graines de lin, se tordre sous ma peau parfumée,
Descendre impunément sur ma nuque dénudée.

Je combats avec force, son élan de destruction,
Anéantie, je suis telle une ancre marine, en perdition.
Je la sens m’enivrer et me susurrer des mots nuancés.
Je fonds cruellement, dans les abymes, ébranlée.

Je me débats, jusqu’ à en perdre mon souffle, amère.
J’en perds haleine, étourdie, je résiste peu fière,
Elle m’asphyxie jour et nuit comme une étoffe de soie,
Se transforme en une lame aiguisée, qui tranche sa proie.

Je prie pour que cette corde d’amour se fende sous mes yeux
Mes cris de souffrance pleurent d’un sang rouge feu
Je veux que cette corde cède aux sons de mes larmes friables
Car, elle effrite mon cœur en cendres comme des grains de sable.

Je sens en moi monter des sanglots salés, inconsolables
Volant comme une poussière d’éclats de verre, sans charme.
Mes sentiments ne sont plus que des débris de cristal, dans l’air.
Je roule sur ce tapis de chanvre, torturée jusque dans ma chair.

Corinne Patch. Juin 2020
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