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La blanche

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Colombe, colombe, colombe
Colombe du fumier
Colombe à chewing-gum
Colombe sur le trottoir
Tu grisonnes déjà, toi pourtant si candide
Ta blancheur n’éclate plus sur le goudron qui brille
Colombe des boulevards
Colombe de cauchemar
Où as-tu marchandé ton hymen de dentelle ?
Dans quel bouge immonde t’es-tu laissée plumer ?
Ta poitrine pigeonnante pend de ton décolleté
Et ta parure de marbre traîne dans la fange
Qu’as-tu fait de nos vœux, nos bonnes résolutions ?
As-tu troqué la paix cachée dans ton écrin
Contre trois grains de blé sur le marché aux poules ?
As-tu joué l’espoir dans un tripot miteux
Contre une nuit de sexe et dix grammes de poudre ?

Où es-tu maintenant que le ciel te réclame ?
Où es-tu quand la terre bascule dans le chaos ?
Où est ton chaud duvet de ouate immaculée ?
Tu nous as lâché. Tu nous laisses crever. Toi déjà moribonde. Toi au pied de ta tombe.
Pauvre enfant de la bombe.
Colombe.

Colombe, colombe, colombe !
Arrête donc la blanche, tout est perdu maintenant, tout vire au rouge sang !
C’est fichu, détraqué, y’a plus rien qui répond
Plus de place pour la paix dans un monde de fric
Quand tu déploies tes ailes au-dessus de l’Asie
Tu picores l’Amérique
Tu pisses sur l’Europe
Et tu chies sur l’Afrique !

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