La Belle-de-jour

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Mes chers frères, amis sincères ici et pour toujours,
Vous qui constituez le solide pilier de ma vie,
Je me dois de partir aux confins de plaines arides,
Pour rassasier la sinistre envie d'un pays avide,
Menant au génocide de ma conscience à l'agonie.

Dîtes à ma mère ma reconnaissance pour son amour
Que je ne souhaite pas perdre pour l'honneur d'une patrie,
Ni envie de blesser aux seules fins d'une lutte morbide,
Dont la seule issue ne peut être qu'une chute sordide.
Omettez le chemin emprunté par un fils meurtri.

Dîtes à ma mère que son fils s'en va le cœur lourd,
Si lourd de ses sanglots emportés par une mer en furie,
Pour une gloire qui s'est tapie en fourbe sylphide,
Je deviens l'esclave de cette créature fratricide,
Afin que ce bras abrège le souffle des ennemis.

Ne dîtes pas à ma mère qu'avant le lever du jour,
Les femmes et fils pleureront le mari, le père parti,
Faisant naître en leur être un sentiment d'immense vide,
Que seule pourra combler une haine aux relents acides,
Celle qui débute dans les grondements et jamais ne tarit.

Dîtes à ma mère les regrets accompagnant ce séjour,
J'ai conscience que ce sont paroles d'un soldat qui trahit,
Que les mots que j'essaime ici n'en sont pas moins limpides,
Sur mon sacrifice, dévouement ô combien solide.
Fidèle à elle et mon pays je serai jusqu'à l'oubli.

Dîtes à ma mère... Oh, dîtes à ma mère sans détour,
Qu'en attendant mon retour je ne serai qu'une Belle-de-jour.

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