L'enveloppe glacée

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Image de Printemps 2013
C’est l’histoire d’une belle, très belle, trop belle jeune fille aux cheveux noirs comme l’eben, à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang.

Elle est belle. Elle ne sait que ça, elle ne sait qu’être belle. Aussi, on ne la voit que comme ça, on ne la voit que comme belle.

Une ancienne belle jeune fille hait la belle. Elle veut casser son cœur, en purger ses saveurs, pour à nouveau se sentir belle, sensuelle, éternelle.

Un chasseur. Un fusil. Un ordre. Non! Il ne peut pas. La fait s’en aller. La chasse de son terrier.

Elle se perd. Sans repères. Rentre dans la forêt des mystères.

Apparaît une maison. Petite. Sans façons. Elle s’y invite, y habite, sous conditions : laver, repasser, repriser, récurer, cuisiner, bref, offrir ses services à des nains un peu badins, un peu taquins... et surtout sacrément malins.

La belle accepte la donne. La belle se fait bonne. Elle lave, repasse, reprise, récure, cuisine et attend. Attend. Attend. Quelque chose. Quelqu’un. Qui vienne la découvrir, qui vienne la secourir, qui vienne la ravir, qui vienne la cueillir dans sa vie qui gentiment se tarit, qui gentiment la trahit.
Elle attend. Incapable de bouger, de s’aventurer. Incapable d’être autre que belle, que bonne pour les sept nains conscients de rien.
Passive. Naïve. Craintive. Elle s’enferme dans la toute petite maison, se protégeant de l’immense horizon.

Un jour : Une vendeuse. Un ruban. Un corsage. Une coquetterie lui fait presque perdre vie.
Un autre : Une vieille femme. Une pomme. Une gloutonnerie lui fait cette fois rendre vie.

La bonne n’est plus. Mais belle, elle l’est toujours. Les nains, chagrins, jamais ne l’enterrent. Sa chair, douce et tendre, ne grouillera pas de vers. Cryogénisée sous une voûte verrée, on pourra à loisir admirer son joli corps glacé. Doit-elle s’en sentir ravie? Honorée? Outrée?

Plus tard: Un cheval. Un prince. Une escorte. Tombé d'amour pour une morte. Marchandage avec les nains pour emporter le butin. Hissée sur un cheval, cahotée dans sa sphère tombale, un morceau de pomme s’échappe de sa gorge qui cogne.

Réanimée, toute étonnée, cheveux blonds, yeux bleus présentés face aux cieux lui redonnent vitalité. A présent c'est elle, persécutée, utilisée, manipulée pour un corps trop sexy, qui tombe amoureuse d'un corps, juste un corps, une enveloppe, un décors.
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