L'enfant moustache

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De retour parmi vous avec des histoires qui, je l'espère, vous plairont! N'oubliez jamais: l'imagination est un pays sans aucune frontière  [+]

Image de Eté 2015
Connaissez-vous, petits et grands,
L’histoire de ce petit mec épatant,
Né un jour de Saint-Eustache,
Et dénommé l’enfant moustache ?

Quelle surprise pour les parents,
Lui qui devait naître à la Sainte-Barbe,
Fut déposé dans le jardin par le vent,
Entre les radis et les pieds de rhubarbe.

Arrivé comme un cheveu sur la soupe,
Dans une famille rasée de près,
L’enfant moustache fut vite détesté,
Et dans un cirque, fut confié à la troupe.

Ce petit poilu, encore bébé duvet,
Grandit parmi les bêtes de curiosité,
Et au milieu de ces êtres difformes,
L’enfant moustache reçut un amour énorme.

Et du succès la troupe en connut,
Car tous les badauds voulaient avoir vu,
Cette petite moustache gesticuler,
Elle qui n’avait ni mains ni pieds.

Sous son petit chapeau melon fait de carton,
Il gigotait des danses croquignoles,
Et à chacune de ses représentations,
Était acclamé par une foule folle.

Quel bonheur d’être aimé par tous ces gens,
Se disait-il après chacun de ses tours.
Mes parents ne m’ont pas donné leur amour,
Mais m’ont offert mieux en m’abandonnant.

La vie était belle pour ce petit bonhomme,
Fait de quelques poils et d’une âme,
Jusqu’à ce triste et fâcheux jour d’automne,
Où le vent causa un affreux drame.

Ce même vent qui le déposa jadis,
Dans un jardin qui humait bon le cassis,
Souffla ce jour-là un peu trop fort,
Et annonça un bien vilain sort.

Alors que la moustache chapeautée,
Sous le grand chapiteau achevait son numéro,
Un courant d’air se faufila par l’entrée,
Et s’envola vers la scène centrale in petto.

Emporté malgré lui par ce vent trublion,
L’enfant moustache, comme changé en papillon,
Survola majestueusement l’assemblée médusée,
Dans un silence digne des plus grands musées.

Le vent finit par le déposer sur la barbe-à-papa,
Énorme et collante d’un vilain garnement,
Qui sans le vouloir, nous dit-on, l’avala,
D’une bouchée qu’il dévora goulûment.

Et depuis ce triste drame, chaque jour de Sainte-Barbe,
Badauds et amis se recueillent et déposent des roses,
Dans un jardin entre les radis et les pieds de rhubarbe,
Sur la tombe de l’enfant moustache, où seul son souvenir repose.

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