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L'Egarée

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Kao

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Comme des touaregs qu’égarent un mirage
Comme des salamandres qu’effarent les marécages
Comme les méandres qui mènent aux ruines de Carthage
Comme les silhouettes maigres des fauves en cage
Je suis l’égarée
Perdue entre un des pics de l’Himalaya
Et l’abîme des Bermudes
Me cherchant dans les temples maïa
Ou sur les plages des mers du Sud
Flirtant avec des dieux vaudous
Que je trompe avec des bêtes de foire
Brûlant mes rêves à l’amadou
Et hypnotisant mes cauchemars

Je suis égarée
Parmi ses femmes sucrées
De mon Maghreb fœtal
Et ses suaves nacrées
De mon occident distal
Prêchant des émotions factices
En dupant mon propre cœur
Péchant par défaut de vice
En étriquant ma fausse pudeur

Heureusement, heureusement, il y a les mots
Des mots qui louvoient et qui parfois me fourvoient.
Et j’affûte mon fleuret,
Mes mots ignorent l’omerta,
J’affleure de mots dépravés,
Et des autres bourgeois
Je brave de mes mots rebelles ces verbes courtois
Mes mots sont nomades, eux ont l’audace
Alors je peux être le marquis de Sade, ou le roi Midas
Devenir Anne Franck ou bien Jeanne d’Arc
Etre à Samarcande ou bien à Central Park

Il suffit de dire et c’est là que je deviens
Il suffit de dire et c’est là que je deviens

Alors, alors je ne suis plus l’égarée
Juste l’envoûtée
Moulant mes phrases dans des sables mouvants
Enrobant mes frasques de mots galants
Je peux souiller le vrai
Et dépouiller le néant
Remplir ce trou de grès
Ou le laisser béant
Je peux être la louve
Qui allaite Romulus et affame Remus
Je peux être le germe
Qui transforme les cendres en humus
Je veux être alchimiste
Pour changer le plomb en or
Je veux être anarchiste
Et libérer l’espoir de la boîte de Pandore

Il suffit de dire et c’est là que je deviens
Il suffit de dire et c’est là que je deviens

Dans la Grèce Antique, j’ai dû être métèque
Pas de ceux qui se courbent en salamaleks
Sûrement au Moyen-Âge
J’étais l’idiot du village
A l’époque de louis XII j’ai dû être courtisane
Plutôt qu’être l’épouse, que l’église me condamne
J’hésite aujourd’hui à être une femme de mon temps
De celles qui troquent un cow-boy contre un sex-toy
Peut-être un jour je trouverai le cran
D’adopter enfin l’attitude destroy

Je ferais bien pour vingt ans le périple d’Ulysse
Qu’importe Pénélope
Je suivrais les sirènes jusque dans les abysses

J’enverrais des billets doux au Dalaï-lama
Histoire qu’il songe à démêler mes karmas

Il suffit de dire et c’est là que je deviens
Il suffit de dire et c’est là que je deviens

Et je siffle des vers comme on souffle des youyous
J’aligne des voyelles qui épousent des voyous
De chastes consonnes que je dépucelle
Et je pense de tout ce babil, reconstruire Babel
De lettres habiles, réconcilier Caïn et Abel
Libérer ces bleus des mains de Gargamelle
Et mettre de la soupe dans toutes les gamelles

Il suffit de dire et c’est là que je deviens
Il suffit de dire et c’est là que je deviens

Et je crains, oui je crains les grumeaux de mes mots
Les caillots rugueux quand cicatrise l’écriteau
Rien que des globules
co comme des touaregs qu'égarent un mirage
comme des salamandres qu'effarent les marécages
comme les méandres qui mènent aux ruines de Carthage
comme les silhouettes maigres des fauves en cage
je suis l'égarée
perdue entre un des pics de l'Himalaya
et l'abîme des Bermudes
me cherchant dans les temples maïa
ou sur les plages des mers du Sud
flirtant avec des dieux vaudous
que je trompe avec des bêtes de foire
brûlant mes rêves à l'amadou
et hypnotisant mes cauchemars

je suis égarée
Parmi ses femmes sucrées
de mon Maghreb fœtal
Et ses suaves nacrées
de mon occident distal
Prêchant des émotions factices
En dupant mon propre cœur
péchant par défaut de vice
en étriquant ma fausse pudeur

Heureusement, heureusement, il y a les mots
Des mots qui louvoient et qui parfois me fourvoient.
Et j'affûte mon fleuret,
Mes mots ignorent l'omerta,
J'affleure de mots dépravés,
Et des autres bourgeois
Je brave de mes mots rebelles ces verbes courtois
Les miens sont nomades, mes mots eux ont l'audace
Alors je peux être le marquis de Sade, ou le roi Midas
Devenir Anne Franck ou bien Jeanne d'Arc
Etre à Samarcande ou bien à Central Park

Il suffit de dire et c'est là que je deviens

Alors, alors je ne suis plus l'égarée
Juste l'envoûtée
Moulant mes phrases dans des sables mouvants
Enrobant mes frasques de mots galants
Je peux souiller le vrai
Et dépouiller le néant
Remplir ce trou de grès
Ou le laisser béant
Je peux être la louve
Qui allaite Romulus et affame Remus
Je peux être le germe
Qui transforme les cendres en humus
Je veux être alchimiste
Pour changer le plomb en or
Je veux être anarchiste
Et libérer l'espoir de la boîte de Pandore

Il suffit de dire et c'est là que je deviens

Dans la Grèce Antique, j'ai dû être métèque
Pas de ceux qui se courbent en salamaleks
Sûrement au Moyen-Âge
J'étais l'idiot du village
A l'époque de louis XII j'ai dû être courtisane
Plutôt qu'être l'épouse, que l'église me condamne
j'hésite aujourd'hui à être une femme de mon temps
de celles qui troquent un cow-boy contre un sex-toy
peut-être un jour je trouverai le cran
d'adopter enfin l'attitude destroy

je ferais bien pour vingt ans le périple d'Ulysse
qu'importe Pénélope
je suivrai les sirènes jusque dans les abysses

j'enverrais des billets doux au Dalaï-lama
histoire qu'il songe à démêler mes karmas

Il suffit de dire et c'est là que je deviens

et je siffle des vers comme on souffle des youyous
J'aligne des voyelles qui épousent des voyous
De chastes consonnes que je dépucelle
Et je pense de tout ce babil, reconstruire Babel
De lettres habiles, réconcilier Caïn et Abel
Libérer ces bleus des mains de Gargamelle
Et mettre de la soupe dans toutes les gamelles

Il suffit de dire et c'est là que je deviens
Il suffit de dire et c'est là que je deviens

Et je crains, oui je crains les grumeaux de mes mots
Les caillots rugueux quand cicatrise l'écriteau
Rien que des globules... ,
comme mon rimmel qui coule
Quand mes mandibules
Embrassent la foule
C'est le bouche- à- bouche ultime
D'un mot-à- mot intime
Le baiser de l'Archange sur les lèvres de l'hydre
Pour que s'écoule le Gange avant que ne se vide la clepsydre

Il suffit de dire et c'est là que je deviens
Il suffit de dire et c'est là que je reviens
Comme mon rimmel qui coule
Quand mes mandibules
Embrassent la foule
C’est le bouche- à- bouche ultime
D’un mot-à- mot intime
Le baiser de l’Archange sur les lèvres de l’hydre
Pour que s’écoule le Gange et se vide la clepsydre

Il suffit de dire et c’est là que je deviens
Il suffit de dire et c’est là que je reviens
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Maour · il y a
Mais pourquoi un seul texte? Pourquoi un seul voté? J'adore ce que vous avez écrit, vraiment.
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