L'anniversaire

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De vous à moi... Bonjour je viens à vous Au détour de ces pages Pour vous parler de vous De moi et d'un voyage Au pays des pensées Des fortes émotions J'ouvre mon cœur, entrez ! Et ... [+]

Les verres s’entrechoquent, les toasts sont portés,
On plaisante, on se moque, on trinque à la santé,
De l’amie Annabelle qui vient d’avoir vingt-ans,
Fiancée de Miguel, auprès d’elle, souriant.

Abdel, souvent sérieux, s’est enfin débridé,
À l’anniv’ d’Annabelle le rire est de soirée,
Sans rien qui ne chiffonne la sortie entre amis,
Tout près de la Sorbonne sous le ciel de Paris.

Dans la joyeuse bande chacun est au taquet,
Le gâteau aux amandes, auprès du vin, au frais,
Le patron du café étant de leurs amis,
Un oncle de Daphné et de sa sœur Laurie.

La terrasse est fleurie, chacun de bonne humeur,
La semaine est finie, derrière eux le labeur,
La rue devant, bruyante, est un bouillon de vie,
D’où arrivent Amarante au bras du bel Ali...

...Ses copines autour d’elle, les voix comme des clairons,
Venues pour Annabelle et les yeux des garçons,
Ce week-end bienvenu, l’optimisme régnant,
Sophie, Benoît, Lulu, et Charlie se charriant.

Le sourire des gens, autour d’eux, est complice,
Leur humour décapant pétillant de malice,
Les faisant rigoler, se taper sur les cuisses,
La joie, la liberté, étant un vrai délice.

En ce mois de novembre, l’air qui se fait frisquet,
Se répand dans les membres, on resserre son gilet,
Quand... soudain... le boucan... d’un moteur emballé...
D’un coup de frein strident... un 4 x 4 arrêté... !!!!

... Alors ! le sol s’ouvrit... la nuit devint le jour...
Des corps tombants, meurtris, et la panique autour,
Des cris d’Allah Akbar après chaque rafale,
Le sang comme une mare s’évasant sur les dalles...

Les vitres sont brisées dans un fracas de verre,
Les tables renversées sur les cadeaux offerts ;
Un incendie s’allume après une explosion,
Les yeux sont dans la brume, l’horreur dans l’expression...

...Pas le temps de s’enfuir, riposter, car sans armes,
L’instant d’avant le rire remplacé par l’infâme,
La totale surprise venue sans sommation,
Foudroyant Eloïse en main son tire-bouchon...

Les oreilles sont percées et les yeux ne voient plus,
Les âmes s’en sont allées dans la violence accrue,
Sur les corps qui tressautent sous l’impact des balles,
Allongés côte à côte, pour ces tueurs, un régal.

Quand les tirs ont cessés : les fous de Dieu partis,
La stupeur est restée sur tous ces corps sans vie,
L’impensable est venu fusiller l’innocence,
L’assassin à l’affût sur la Terre de France.

Le matin s’est levé avec la gueule de bois,
Annabelle tuée sous le corps de Benoît,
Amarante et Maxime serrés entre leurs bras,
Ali, son frère Hakim, gisants à quelques pas...

Ces gens dans leur jeunesse abattus sans pitié,
Par quelques brutes épaisses au cerveau programmé,
Minutés comme l’horloge, aux ceintures d’explosifs,
Aux couteaux qui égorgent, le tranchant dans le vif.

Ils étaient venus là pour un anniversaire,
Pralines et chocolats fondus dans la poussière ;
La mort les prit très vite : ces lâches des experts,
Représentant l’élite du vomi de l’enfer.

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