L'Algonquien; le légendaire cuirassé

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En un temps dangereux
En un temps périlleux
Où la noirceur était reine
Où l'âme d'Europa suffocait dans la peine

Après avoir entendu les pleurs de la Terre
Ayant pris pitié de la misère des mères
Huit Shamanes se réunirent au lac Manicouagan
Et appelèrent aux cieux l'aide pour abattre les Titans

Là, un bolide émergea de l'eau
Un héros, dans la forme d'une montagne de fer
Un présent offert aux peuples libre de la terre
Jamais auparavant ne fût offert par les cieux un joyau aussi beau

Et de ce bolide majestueux
Germa dans l'esprit humaine un plan prodigieux

Au site de Stadaconné
Fût érigé un formidable chantier
Depuis le château aux toits rouges, deux grands visionnaires
Coordèrent et planifèrent ensemble les travaux spectaculaires

Et pour bâtir la lance, inspirée de celle portée par Théodoric
Les cieux en appelèrent les cent nations de l'Amérique
Par leurs mains industrieuses, ils érigèrent une coque argentée
Par leur sueur détermitée, ils forgèrent huit canons cisaillés

Et quand l'Argo des temps modernes fût complété
Quand le capitiane et l'équipage virent l'appareiller
Quand le cuirassé flotta sur la mer
Son sifflet fût entendu par les victimes de la guerre

Sur l'océan, les convois naviguèrent
Mais nombreux furent les requins de métal qui les guètterent
Et grand fut le tonnage perdu
Prolongeant le conflit qui ne put être résolu

Mais un soleil rayonnant s'éleva
Quand l'Algonquin arriva
Canons levés, obus crachants
Le navire abattit une foudre de métal sur les corsaires battants
Le terrible pavillon de la destruction
Et tout les ennemis sombrèrent avec leurs pavillons

Par sa tenacité, sa témérité et son audacité
L'océan, des torpilles et des bombes, fut libéré
Et les navires transportant armes, vivres et soldats
Passèrent sur l'Atlantique pour se rassembler en armada

Alors vint le moment décisif
D'assaillir l'Europa, transformé en un château d'If
L'armée mondiale, unie et rassemblée pour la croisade
Embarqua dans la flotte, navires en myriade

Mais un obstacle ultime resta à traverser
Un ennemi auquel l'Algonquien devait affronter

Un mur, noir, cendreux et mécanique
Une fortification truffée d'un arsenal diabolique
À son centre se tenait un bombard
Nommé la bouche d'Hadès, forgé dans le Tartare
Le gardien de l'Europa en désolation

Tels deux chevaliers
Épées et boucliers levés
L'Algonquien et l'Hadès entrèrent dans la confrontation
Leur artillerie russigant un feu de combustion

Chaque tir fût répondu
Par une salve davantage plus ardrue
La mer se déchaîna sous la tempête d'acier
Tandis que le ciel éclarci illumina les deux guerriers

Soudain, l'Algonquien fût touché
L'obus déchira la proue arrière, son attirail dévasté
Déviant sur l'eau, ses mâts toujours debout
Ses canons ayant enfin l'Hadès en joue
Cinq matelots, intrépides et valeureux
Aperçurent de loin la faiblesse du canon vicieux
Charge allumée, la salve partit
Dans l'engrenage des munitions, elle atterrit

Et là, un torrent de feu anéantit l'Hadès
L'engin explosa dans une éruption déflagrante
Délivrant une ouverture béante
Un passage étincelant sous la voûte céleste

Le mur anéanti, l'armée fit son débarquement
Leur marche débarassa l'Europa de son tourment
Louanges, spectacles et célébrations
Furent entamés par les peuples pour exprimer leur libération

Mais pour l'Algonquien, son rôle fût résolu
Depuis les cieux, son rappel fût entendu
Le cuirassé revint, dans une traversée mémoriale, à Stadaconné
Où les cent nations de l'Amérique vinrent le démanteler

Et le fer forgé redevint le bolide divin
Pour être retourné à Manicouaguan et mettre fin à son déclin
Les cinq marins, les deux visionnaires et les huit shamanes
Remirent le bolide dans le lac, dévouement dans leurs âmes

Et le présent des esprits
Revint au paradis
Laissant comme message à la terre meurtrie
Un dernier chant pour réconforter les appauvris

Ainsi partit l'Algonquien
Le messager de l'espoir
Ainsi partit l'Algonquien
Le héraut de la victoire

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