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Jours de pluie

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Irèneriviere

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Il y a des jours de pluie qu’ le soleil n’effleure pas.
Des jours mélancolie, des jours et des pourquois.
Des jours et puis des nuits qui n‘en finissent pas.
Des nuits qui la titillent à vouloir n’être pas.

Il y a des jours de vide où tout semble raté.
Tout semble appartenir à ce monde à côté.
Elle est toujours vivante mais ne fait qu’avancer
pour n’pas tomber plus bas, au moins jusqu’à l’été.

Au fond d’elle à présent un vide qui la creuse.
Au fond d’elle à présent un rêve qui s’est éteint.
Qu’importe aujourd’hui heureuse ou malheureuse...
Ces mots n’ont plus de sens. Ces mots là ne disent rien.

Il est parti comme ça, elle reste immobile.
Il lui laisse cet exil comme on laisse un pourboire,
Pour dire que c’était bien, qu’on a failli y croire.
Il est parti si loin, la laissant inutile.

Il y a des jours de pluie qu’ le soleil n’effleure pas
Et des nuits qui s’échouent sur des matins amers.
Elle marche à présent le regard en arrière.
Elle marche à présent comme on glisse vers le bas.

Au fond de son corps d’homme, elle s’était échouée
Comme on tarde à mourir, comme on évite le pire.
Il l’a prise dans ses bras comme on prend un noyé.
A tant savoir l’aimer, elle se sentait revivre.

Pour un geste de trop, un pas qu’elle n’a pas fait,
Quelque chose qui sonne faux, un bégaiement surfait,
Une pudeur inutile qui vire au dérapage,
Et c’est tout qui s’écroule et c’est comme un naufrage.

Au milieu de ses larmes, au milieu de ses doutes,
Il a ouvert la porte, sans que cela lui coûte.
Ne plus porter ses drames, ne plus la protéger,
Se sentir concerné par d’autres destinées.

Plus de rêve en sommeil, plus de joie, plus de croix.
Elle se couche, se réveille, se recouche dans le noir.
Parfois par habitude elle veut sortir dehors.
Le dégoût la retient, le froid et les remords.

Qu’elle sera longue la route pour atteindre le soir.
Qu’elle sera longue la route d’avoir osé y croire.
Le fardeau dans les reins, l’horizon qui s’efface.
Et à trop y penser tout à coup elle se tasse.

Pour un geste de trop, pour une parole en moins,
Pour avoir oublié de dire je t’admire,
Pour être libre et beau et refaire le chemin,
Il lui a doucement demandé de partir

Il y a des jours de pluie, il y a des jours de vide
Des jours et puis des nuits qui n’en finissent pas
Des jours mélancolie à vouloir n’être pas
Il a si doucement demandé de partir.
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