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Tu étais là, mère, depuis l'aube chatoyante,
Tu me regardais, fière, surveillant les flots
Mère, tu es l'eau, le soleil, les gouttes sur la peau.
Ton baiser les vaut tous, ton amour chante.

Pourtant, plus je danse avec toi, plus je regarde au loin
J'hésite, j'ai peur, mais ta voix me pousse :
"Pars mon fils, trouve la lumière sur ton chemin."
Adieu les rives de l'enfance douce,
Je pars si loin, alors que je ne sais rien,
La ville est une façade, devant le néant,
Où l'on est proie de proie, et les matins,
Ne sont plus venus des mois durant.
"Où est cette lumière enfin ?"
J'ai cru qu'il fallait se blesser pour,
Qu'il fallait s'y plonger, s'ouvrir au jour,
Marcher et marcher, distancer le secours,

Et puis un jour est venu vers moi, je crois, l'amour.
Elle était lumière en chaque contour,
Un irrésistible assaut de son âme, sur la mienne
Elle dansait en mon coeur, sur les rives, et tout autour.
Venant s'écouler jusque dans mes veines,
Nous reposions dans les plaines d'un monde,
Nous gisions heureux, près à se laisser vivre, même mourir,

Mais les voyageurs ont été invités à partir :
"- Quelle est cette ombre qui nous inonde ?
- Je ne le sais, mon aimée, mais notre bois est abattue,
La lumière ne brille que de nos maux,
Je ne trouve plus ma place contre ton dos,
Et notre plaine chatoyante semble morne et perdue."
Ma foi est vaine, mon lit d'effroi, là, sous terre.

Pourtant, l'on m'exhume à ma misère,
On me fait voir au delà de mes ruines, la lumière,
On m'emmène là-haut, vers son repère,
Elle est là, même dans les sentiers couverts, même dans l'air,
Elle nait parfois d'une goutte venue des cieux,
Abreuve comme une mer nos yeux,
Attendrie le plus dur des visages,
Invite au plus secret des voyages,
Nous pousse à partir ou nous force à rester,
Nous déroute ou nous enlace,
Soulève les ombres, met des sourires à la place,
Lumière, tu appelles tant d'astres à notre oeil,
De glace ou de feu, ton ombre sur nous se recueille,
Tu veilleras toujours dans un coin,
A ce que nos folies ne nous perde pas en chemin.

Mère,
Oh Mère, je suis fatigué, usé, et terne.
Ais-je trouvé la lumière ?

"- L'âme est lanterne, ouvre ton coeur...
Pour que tout s'éclaire."
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Didier Poussin · il y a
dans le giron.......
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Image de Patricia Burny-Deleau
Patricia Burny-Deleau · il y a
Un beau souffle de vie, d'amour et d'espoir qui inondent même les moments difficiles de la vie éclaire ce poème.
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