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Je te porte

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Gwen Demay

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Je te porte dans mes rêves, toi mon plus grand désir,
Je te porte dans mes moindres espoirs, dans mon avenir

Je te porte enfin dans mon sang, dans mes veines,
Dans mon corps qui se transforme peu à peine

Je te porte dans mes bras, je te rencontre, toi mon fils
Et toutes mes douleurs en cet instant s'évanouissent

Je te porte dans mon cœur quand nous sommes séparés
Et contre ma poitrine une fois toi retrouvé

Je te porte sur mes épaules pour te grandir
Quand tes jeunes jambes commencent à fléchir

Je te porte dans tes cris, dans tes pleurs et tes maladies,
Je te porte dans tes sommeils et tes insomnies

Je te porte dans ma fierté à chacune de tes réussites
Je te berce de douceur quand ta confiance s'effrite

Je te porte au plus haut en ce jour mille fois béni
Où tu te lies d'amour à celle que tu as choisi
J'emporte au fond de moi la nostalgie de ton enfance
Et embrasse la perspective de ta future descendance

Je te porte dans mes prières, pour que tu sois bien
Je te porte dans mes angoisses de mère délaissée,
Dans mes craintes que ce cordon qui nous a toujours liés
Un jour ne se dissolve et qu'il n'y subsiste rien

À chacun de tes appels, je te porte tendrement
Pendant tes rares visites, je te porte férocement
Le reste du temps, je te porte plus encore
Et compte les jours vers toi, mon trésor

Mais le tic-tac de l'horloge sonne mon agonie
La torture de ton absence m'étrangle de plus en pire
Je t'emporte dans mes cris, mes pleurs, mes éclairs de folie,
Dans cette impuissance nouvelle qui va nous détruire

Et plus je hurle la douleur de mon injuste exil,
Plus tu te renfermes dans ton lourd silence.
Tous les tourments que j'endure, toute la désespérance
Ne trouvent guère grâce à ton âme désormais hostile

Depuis, j'erre péniblement à travers les années,
Je tiens mon amour usé dans mes bras fatigués,
Je traîne honteusement ma défaite de mère rejetée,
Coupable et victime de t'avoir trop aimé.

À court de souffle, à bout de cœur, le corps aux abois,
Malgré tout, malgré moi, je te porte toujours.
Je garde le faible espoir de te revoir un jour,
Et jusque dans ma tombe je te porterai en moi.
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