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À Johann, mon petit-fils


Je t'apprendrai sans fin la force du poème,
De ces mots accourus au secours des « je t'aime »,
Ces mots inusités qu'enfant tu dis encore
Pour les apprivoiser, embrasser à plein corps
Les émois méconnus qu'il te faudra chercher,
Comme l'aveugle voit, d'un habile toucher.

Je t'apprendrai sans fin l'aurore de la rime,
La mélodie sonnant sur des portées qu'anime
En nos cœurs le désir – jailli comme en censeur –
Éprouvant l'apogée des moments de douceur,
Fulgurante émergence au goût âcre de miel
Quand l'esprit s'ouvre alors aux faits immatériels.

Je t'apprendrai sans fin les secrets de la strophe
Qui plane dans les airs, tel un un lambeau d'étoffe
Couvrant de son éclat les chants d'un temps rural,
Ou quand la mélopée s'élève en guttural
Appel vers le soleil, occultisme nacré
Qui cache la ferveur des jurements sacrés.

Je t'apprendrai sans fin la rudesse du verbe
Qui brise toutes lois comme se couche l'herbe
Sous la rosée du soir pour paraître à son tour
Plus verdoyante encore dans la lueur du jour,
Flamboyant au soleil flétrissant en hiver
Quand la nature meurt et les prés font désert.

Je t'apprendrai sans fin la force du lyrisme,
L'envoûtement charnel où se vit l'onirisme
Des ombres éclairant la frange des chemins,
De l'effort appuyé qui annonce demain,
Afin, sans redouter les errements passés,
De nier du présent les dictons ressassés.

Je t'apprendrai sans fin la course des étoiles
Qui errent dans la voie d'une poudreuse moelle
Et poussent à l'oreille un timbre de douleur*
Parvenu jusqu'à nous comme pleurent les fleurs
En l'âme du poète et les cœur endormis
S'ouvrant à l'impromptu des rayons insoumis.

Je t'apprendrai sans fin les réponses insenses
Cachant l'objet des mots dedans leur prime essence,
Dédale d'harmonie, de fabulations
Qui laissent à l'abscons de faire scansion
Entre l'être et l'avoir des roses en beauté
Et de leur chatoiement à nos regards ôté.

Je t'apprendrai sans fin qu'il n'est point de partage
Qui vaut plus que le choix du retour vers un âge
Où savoir est chimère, où connaître est douter,
Que vouloir le réel c'est lors s'en débouter,
Pour poser la limite achevée aux raisons
Aux vouloirs, aux passions, quand toutes oraisons

Abondent en mépris, ignorant du symbole**
Qu'il nous donne le Vrai comme on offre l'obole.

__

* Le Big Bang
** La parole

PRIX

Image de Été 2019
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Felix CULPA · il y a
Je le lirai à mes enfants. Ce poème sera à mon chevet au quotidien. Merci de transmettre, merci d'émouvoir, merci d'écrire de si belles choses.
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Valoute Claro · il y a
Bien beau poème , en effet, l'amour de la poésie est à transmettre!
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Pamela Hayek · il y a
Mes 5 voix pour ce poème qui essaie de peindre la subtilité du poème et enseigner ce qui ne s'enseigne pas, nous laissant un état d'esprit particulier. Je vous invite à lire "Das Faszler" et à me soutenir 😘
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Eisas · il y a
Et tu seras un homme, mon fils !

Je reste sans voix mais vous accorde les miennes...


Je vous invite à lire "Les vies de l'eau" dans la catégorie Poèmes
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/les-vies-de-leau

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Fabienne Liarsou · il y a
Je suis très touchée. Le monde de l’enfance...je suis un peu bouche bée...mille excuses.
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Brocéliande · il y a
C'est puissant et beau et riche ... un monde de mots à aborder doucement pour s'en imprégner et alors " apprendre " aussi !
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Ginette Vijaya · il y a
Merveilleux ! Merci de m'apprendre sans fin la force du lyrisme et de redire la prière qui écume l’âme des poètes .
Il y a un travail de recherche qui pousse à la réflexion et exige de ce fait un effort intense de concentration .

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Joël Riou · il y a
Un poème touffu et confus avec quelques erreurs sur le nombre de syllabes. Dommage car on sent un gros travail derrière tout cela sur la nécessité de la transmission filiale.
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Titus · il y a
Par erreur j'ai posté un "brouillon", d'où ces vers imparfaits sortis d'un premier jet. Et pas moyen de corriger. Je m'en veux....Alea....
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Anges Addison · il y a
Je viens de t'envoyer un petit message à ce propos ^^
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