Je suis un écrit vain

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Saisissant ma plume pour la porter vers l’encrier,
Je lui comble la soif de sa raison d’exister,
La noyant jusqu’au fond d’une encre obscure,
Où naît l’essence même des murmures.

L’inspiration se confond aux idées saugrenues,
Détachant le bon sens des vers qui seront lus,
Par des regards fuyants effrayés par une poésie,
Dont la muse est souvent nommée mélancolie.

L’auteur s’étale sur une page qu’on disait vierge,
Partageant ses confidences sur des airs de solfège,
Recadrant à sa guise l’innocence d’une définition,
D’un vocabulaire qu’on aura laissé à l’abandon.

** Oui c’est un écrit vain qui s’est posé sur le papier,
Par un coup du sort, un destin chamboulé,
Des sentiments naissants, un cœur déchiré,
Un regard sur le monde qu’on a pu illustrer. **

Les mots s’écrivent, mais ne se ressemblent pas,
Se cherchent une raison sans même savoir pourquoi,
L’état de transe prend possession du corps,
D’un écrivain que l’on croyait déjà mort.

Mais détrompez-vous, car mes maux se déposent,
Sous l’utopie des rimes ou l’allégresse des proses,
Au détriment des visages frustrés par la lecture,
D’un texte qui se devait de finir dans les ordures.

Ces bribes dérangent par leur sincérité inhabituelle,
On n’ose à peine y voir le caractère exceptionnel,
Que viennent donc faire ces amas de lettres,
Qu’on refusera de lire, d’avoir ou d’être ?

** Oui c’est un écrit vain qui ne changera pas le monde,
Né d’une inspiration qui ne dura que quelques secondes,
La plume aura eu pour mission de donner un semblant d’âme,
À un fragment d’existence suspendu sur la scène du drame. **

La prétention d’écrire puise sa source dans le don incertain,
De l’être qui propage ses alexandrins sans se dire écrivain,
Sous estimant son texte au point de le croire anodin,
Se laissant persuader qu’il n’est qu’un mot pour rien.

L’imagination porte ses fruits sous les traits d’un langage,
Qui n’appartient à l’humanité que sous les traits du visage,
Sous un tas d’émotions qu’on se garde bien de faire taire,
En brulant les contes de fées pour les porter jusqu’en enfer.

L’eau de rose est un parfum dont l’essence s’est évaporée,
Au même titre que l’encre s’est effacée, les mots dissipés ;
La gomme est à présent surexploitée et son usage ne fait que rassurer,
Le crayon laissant l’opportunité de corriger l’erreur de s’être exprimé.

** Oui c’est un écrit vain qui a perdu le sens de sa destinée,
En allant s’échouer sur les carreaux d’un bout de papier ;
Il se perdra peut-être entre les mille pages d’un cahier,
Qu’on aura omis de garder, d’ouvrir, de regarder... **

C’est une exposition de mots initiée par l’égoïsme,
Que l’on ignorera et c’est un euphémisme,
La mascarade sera de croire à l’intérêt d’écrire,
Si l’on attend en échange de pouvoir se faire lire.

Les rimes croisées n’auront que leurs subtilités,
Pour croire de cette vie qu’ils pourront la changer,
Les vers libres perdant peu à peu la liberté,
De transmettre un message aux yeux écarquillés.

Le poème s’est vu devenir au fil du temps de la poésie,
Comme pour se justifier d’une tendance à l’amoindri,
Raccourci par le temps, par les mœurs qui se font discrets,
Par la volonté d’ignorer l’expression de l’alphabet.

** Je suis un écrivain, auteur de cet écrit qui restera vain,
Qui trouve sa raison d’exister dans la mélodie d’un refrain,
Dans le regard d’inconnus qui se délecteront de ces quatrains,
Espérant atteindre l’immortalité en allant mourir dans un bouquin. **
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