Ifungo

il y a
1 min
2
lectures
0

Le mal lorsqu’on le laisse, se répand à l’infini
Ifungo, Mukwege, Bukavu, Panzi, Idjwi

Là-bas, les combats se déroulent sur le corps des femmes
Là-bas, dans les zones de conflits, il y a les corps sans âme
Des hommes sans armes, des mères en larmes, des anges qu’on arme,
Là-bas, il y a la mort qui crache au visage de la vie (Raatoum), dans le silence des alarmes
Là-bas, il y a Idjwi, belle, généreuse, solitaire, charmeuse
Le sourire des femmes dans les champs de café, qui fredonnent heureuses
Les chants envoûtants qu’on n’entend plus à Goma, l’autre rive
Idjwi-Paradis questionne Bukavu-Géhenne : mais ma belle, qu’est-ce qui t’arrive ?
Bukavu, qu’est-ce qu’ils ont fait de toi, la plus gracieuse de toutes ?
Bukavu, toi dont l’éclat ne souffrait d’aucun doute
Bukavu, toi à qui Mère Kivu a tout donné, en surface et en profondeur
Bukavu, toi qui rendait les autres jalouses et comblait de joie les cœurs
Pourquoi tes fils portent-ils, qui la mort, qui la peur ?
Pourquoi tes filles enfantent-elles, la haine de ceux qui devraient les couvrir de douceur ?

Le mal lorsqu’on le laisse, se répand à l’infini
Ifungo, Mukwege, Bukavu, Panzi, Idjwi

Là-bas, il y a la fine fleur, il y a Ifungo
Beauté sans égal, splendeur sans égo,
Offerte à son premier bourreau
Et qu’on laisse faner là pour ne pas profaner l’horreur de la famille, là-bas dans les tribunaux,
Mais là-bas à Panzi, il y a surtout Mukwege, le porteur d’espoir,
Qui a eu du cœur là où être humain était un exploit
Il recoud les femmes que la guerre a déchirées
Pour repeupler de joie cette terre que l’avidité a décimée
Ici, ce soir, je prends la parole avec des mots qui ne sont pas les miens
Pour que mon silence ne soit pas celui d’un homme de bien
Ici, ce soir, il y a le corps des hommes à la parole libre. Alors comment se taire
Quand le corps de celles que vous aimez est une arme de guerre ?
Chaque mère violée je l'assimile à ma mère
Chaque sœur violée, je l’assimile à mes sœurs
Chaque femme violée, je l’assimile à ma femme
Chaque fille violée, je l’assimile à ma fille
Là-bas, il y a un homme qui répare les femmes brisées
Ici, il y a un poète qui brise le silence qui les a méprisées

Le mal lorsqu’on le laisse, se répand à l’infini
Ifungo, Mukwege, Bukavu, Panzi, Idjwi

0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,