Identités

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Finaliste
Jury
Image de 2018
Image de Poèmes
Faire face seule, adulte, dans la chambre de mon enfance
Recroquevillée, larmes d’une enfant à la sortie de l’adolescence.
Lutte insensée contre le sens de la vie, le futur angoissant m’escorte.
Je grandis malgré moi et derrière moi le temps claque la porte.
Je refuse de lâcher ce rocher si familier, je m’y accroche de toute mon essence.
Mais le courant me porte, le courant m’emporte.
Retenez-moi, restez, mon émerveillement, mon imaginaire, mon insouciance.

Ancien combattant, tambour battant – gueule cassée, mitraillée.
Haïr les Boches – haïr la guerre qui détruit toutes les âmes.
La Résistance – alliances désœuvrées, on a tous déraillés.
La Patrie – je ne prendrai plus les armes.
On raille ma lâcheté, mais la foule passive masque mon ombre tiraillée et viendra un Été.
Le courant me porte, le courant m’emporte.
Je ne résiste pas, laissez-moi me reconstruire, pour d’autres je n’ai plus la force de lutter.

Tourne, tourne la ronde des pantins, routine virtuelle, incompréhension mutuelle.
Le miroir social refuse mon reflet, image originale dégoutante.
Tu n’as pas les bons modèles, me crient ces réseaux inhumains, appuie sur la détente.
Pas de place pour les rares rêves différents, pensées déplacées, entre dans la ronde.
On m’apprend insidieusement la honte, je m’autocensure, mon monde brûlant est immonde.
Et le courant me porte, le courant m’emporte.
Mais je poursuis secrètement ma création solitaire, âme-artiste à l’identité déstructurée.

Angoisse, lâcheté, honte, solitude
Face au vent, face à la multitude.
Ne blâmer aucun choix.
Construire son identité à contre-temps.
Se débattre, se retenir.
Rester, s’épanouir à contre-courant.
Créer.
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