HYMNE A LA NUIT

il y a
1 min
55
lectures
6

Une île de caractère au milieu de la Méditerranée, sous le soleil, au bord de l'eau fraîche et salée. Le libecciu souffle sur le maquis, sur le lentisque et le cédrat. Du haut des monts Padro ... [+]

En songe, je me retourne, je crois
à la fin du jour, parfois,
avec nostalgie, tu vois,
une cigarette allumée.
Je pars à ta rencontre, parfois,
en écoutant la Tosca, dans l'obscurité,
à la main, une tasse de thé.
C'est le moment où je ne peux plus fuir,
la vérité,
où je dois me regarder en face, en finir,
le masque est tombé.
C'est le moment où je ne peux plus fuir,
seul dans noir, je finis par accepter,
que trop c'est trop,
l'évidence s'est imposée :
Eurydice, je t'ai oubliée.
Les illusions reviennent au galop,
la ramener des enfers,
affronter les Dieux, Cerbère,
oser ce culot !
En vérité, qu'aurais-je pu faire ?
Un meurtre, une vengeance, quel idiot !
une supplique, une prière
plutôt,
pour enlever Eurydice à ce chaos.
La nuit demeure,
c'est encore trop tôt.
Est-ce un rêve, un malheur,
je ne trouve pas les mots.
Dans mon rêve je me retourne vers toi,
à la fin de la nuit, parfois.
Je t'ai perdue, tu vois.
Je suis un lâche, un beau parleur,
tu n'as pas besoin de moi.
Eurydice, je t'ai quittée,
à la mort, je t'ai abandonnée,
Coupable je dois plaider,
Mon opprobre est mérité.
Tu as rencontré
un jour, par un triste hasard,
le Prince des vanités.
Quel tocard,
cet Orphée.
6

Un petit mot pour l'auteur ? 1 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de François B.
François B. · il y a
Une version très humaine du mythe. Je pense que vous aurez des réactions différentes entre les lecteurs et les lectrices. En tout cas votre texte interroge l'homme (au sens "masculin") que je suis : et moi ? que ferais-je, qu'aurais-je fait pour une Eurydice ?...

Vous aimerez aussi !