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Hatikva

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Vincent

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Ces tombes et ces pierres froides
Qui dans mes rêves sont de la parade
Sont celles de mes parents.
Quand viendra le dernier jugement,
Il restera une place pour moi
Dans la caverne des maladroits.

Ils m’ont dit que ma vie
Ne s’arrêterait pas ici.
Qu’elle ne ferait que commencer
Comme commencent les années.

Et j’ai questionné alors
Celui qui, dès lors,
Du haut de la falaise me jettera
Sur les corps puants des rats :
« N’y a-t-il point de justice ? »
Alors ils rirent et continuèrent les supplices.

Je crois, il y a maintenant longtemps,
Que je fus emportée par le vent.
Dans un bel et doux été
Mes yeux, jamais ne vont l’oublier ;
Mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs
Assassinés avec tant de rancoeur.
Et mon corps, seul et mort
S’est vu mis, mais à tort,
A la porte de la folie
Moi qui fus un jour fille de la vie.

Par un soir d’hiver
Seul, et si tu espères,
Les âmes danseront pour toi
Sous le pont des abois.
Là où le feu ne cesse de brûler
Le bois et les âmes torturées.

La rivière fuyante et dévergondée
Glacée par la neige fraichement tombée
Ne peut accueillir en son sein
L’unique armée de miliciens,
Tuant et ravageant sur son passage
L’enfant dans la fleur de l’âge.

Depuis je prie chaque jour
Que le vent fasse un détour
M’emportant à nouveau dans sa course
Jusqu’à mes origines, jusqu’à mes sources.

Et je remercie celui qui continue
Qui, petit à petit, reconstitue
Mon image d’entre les morts,
Car l’enfer n’est pas un port où l’on entre et où l’on sort
Mais bel et bien l’Éternité
Dans sa plus sale et dépravée nudité.

Je n’ai plus peur maintenant
Je ne suis plus une enfant,
Et je sais qu’il faudra encore attendre
Un an, deux ans, peut-être même trente
Pour qu’enfin, mon âme entière et réparée
Connaisse à nouveau la joie et la santé.
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