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Halaly

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Philippe Ribaud

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Tout autour des chiens des cerfs qui menaient les curées
Des perruches alertes des oiseleurs dans leurs cages
Il y avait des espoirs et des liesses démesurées
Des chants qui s’élevaient loin par-dessus murs et bocages

Vous étiez sans soucis éperdus entre jeux et cirques
Vous pratiquiez souvent les désirs et les douces caresses
Allongés ingénus abandonnés las aux soleils des criques
Le verbe paraître vous le conjuguiez en paresses

Nul besoin de mémoires ni de graves théologies
Si toutes vos preuves de vies brillaient telles des palais
Vous dépensiez ne laissant que miettes aux archéologies
Vos fronts enceints de fleurs imitées et de foulards malais

Parcourant ces sentes j’accomplissais mes humanités
Je menais un bétail stérile vers d’étonnants abattoirs
Leurs suffrages assemblés formaient des unanimités
Leurs mains moutonnantes transformées en battoirs

Hommes sages femmes avisées commués en gibiers
M’instituaient le flambeau noir de l’imposture mâle
Moi flûtiste lucifère singeant le père de famille
L’ombre d’un Aède antique gravissant des Galibiers
Ou guidant aux enfers d’éphémères reflets de l’âme
Là je serais prince et la cruauté serait ma fille

J’aurais surmonté les effrois et toutes répugnances
Je saurais rester coi comme parfois certain philosophe
Je traiterais l’infime avant les criantes urgences
Aveuglément sur l’argile j’aiguiserais mes strophes

J’édicterai sans faillir obligations et grands devoirs
Sur des tablettes jaune-orpiment j’établirai des lois
Aux bêtes assoiffées j’interdirai les frais abreuvoirs
A la pesée des actions je modifierai les alois

Plus jamais d’amour sincère plus jamais de bons sentiments
Adieu subtiles paroles agrémentant de beaux discours
Juste des injures obscènes des quolibets pour ciment
Assaillis d’adverbes gras et lourds en ultime secours

Chacun tissera ses câbles liés aux machinistes
Aux idoles mécaniques s’offriront les victimes
Sous les mers insondables sombreront les organistes
Afin que sur cent idées ne restent que des décimes

On durcira les cuirs jusqu’à les rendre insensibles
On verra resurgir du néant les peurs animales
Ouvrant un unique choix à ceux qu’elles auront pour cibles
Retrouver dans leurs antres la nuit des humeurs primales
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