Garance

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Je suis entrepreneur, chercheur dans l'âme, passionné par diverses sagas littéraires pour lesquelles il m'arrive de commencer des nouvelles que je finis rarement... Retrouvez tous mes textes en  [+]

Elle a les pieds au sol et le cul sur le lit.
Elle regarde le mur, mais ne voit que la nuit.
Du sperme coule de ses hanches, et vient tâcher le drap,
Elle le sent mais s’en fout, cela ne l’atteint pas.
D’ordinaire elle fait gaffe, elle est plutôt soigneuse,
Mais elle n’est plus elle-même, ni battante ni rieuse.
Derrière elle son mec ronfle, il s’est vite endormi.
D’habitude elle s’en fiche, mais cette fois ça l’ennuie.
Elle s’étonne de cela, d’un si bête ressenti.
Mais ne fouille pas pourquoi, là, c’est l’anesthésie.
Elle est prise d’un vertige : elle se lève doucement.
Pour savoir où elle est, il lui faut un moment.
Ses pieds la traînent. La salle de bains. Un vieux réflexe.
Elle entre dans la douche et elle se lave le sexe.
Elle frotte plus que jamais, elle frotte à se brûler,
Elle comprend lentement qu’elle se perçoit souillée.
Des images lui reviennent, comme des envahisseurs,
De ce qui s’est passé, à côté, tout à l’heure.
Ils ne s’étaient pas vus depuis quelques semaines.
Quand il est arrivé, sans être vraiment obscène,
Il est allé au but et s’est déshabillé,
En trois petites minutes, pendant qu’il enlevait
La petite robe verte qu’elle avait mise pour lui,
Et la poussait doucement mais sûrement vers le lit.
Elle a d’abord dit oui, il lui avait manqué,
Puis a changé d’avis, a voulu arrêter,
Car ça allait trop vite, ils n’étaient pas ensembles.
Il n’a pas entendu, et tient ses mains qui tremblent.
Son corps pèse sur elle, il embrasse son cou,
Il caresse ses seins et lui dit des mots doux.
Ses hanches se serrent contre elle, il écarte ses cuisses,
Et la pénètre sèche sans aucun artifice.
Il lui a reproché de ne pas faire d’effort
Et a donc compensé en va-et-vient plus forts.
Elle a cessé la lutte, elle s’est laissée aller,
A attendu la fin, les yeux au plafonnier.
Elle est sortie d’elle-même et elle s’est vue crever,
Périr coup après coup de celui qu’elle aimait.
Elle était là, debout, et elle voulait crier
À la femme allongée de frapper, de taper,
De mordre et de lutter. Aucun son ne sortait.
Elle ne s’en rappelle pas, mais s’est assise sous l’eau.
Les cheveux sur les yeux, elle a froid, elle a chaud.
Elle reste là, tremblante, mais pour combien de temps ?
Une semaine, une minute, une heure ou un moment ?
Elle se relève enfin et sort encore mouillée.
Dans la pièce, c’est étrange, rien n’a vraiment changé.
Elle voit des tâches grises sur la moquette écrue,
Et sur la couette un homme qu’elle ne reconnaît plus.
Elle attrape ses affaires, se rhabille sans un bruit,
Elle sort sans un regard pour ce satané lit.
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