Gangrène

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Je suis étudiant en droit à l'université Gaston Berger de Saint Louis et je suis un passionné de la poésie  [+]

D’antan, j'ai confié aveuglément mon cœur.
Je recherchais, sans relâche, mon âme-sœur.
Mes désirs battaient constamment au rythme d’un désespoir.
L’amour avait fini par devenir un étranger territoire.
De déception en déception, j’avais fini par jeter l’éponge.
Mes douleurs comblaient nuitamment mes songes.
Je sentais ma confiance envers mes semblables se limiter.
Contrairement à mes tourments qui côtoyaient l’éternité.
J’avais la manie de rester dans ma chambre.
Cerné par quatre murs, je ne cherchais pas de l’ombre.
Cette solitude, source intarissable d’inspiration, stimulait aisément l’expression de mes émotions.
Esseulé, j’enchaînais d’incessants monologues.
Je n’étais pas à la recherche d’une grande vogue.
Mais mon existence nécessitait une motivation,
Pour que j’arrête de lancer, à ma vie, des fions.
Mon mal-être devenait une épine dorsale.
Je séjournais, j’existais dans un univers carcéral.
J’en perdais, progressivement, l’envie de vivre.
Cette douleur indélébile me rendait ivre.
Je faisais face aux épreuves quotidiennes de la vie.
J’enviais tous ces chanceux à qui, tout réussissait.
Au fond de moi, j’aspirais à surmonter mes peurs.
Mais j’ignorais si je pourrais être à la hauteur.
Ma vie, plus qu’un fardeau, était une histoire dramatique.
Elle s’abreuvait dans les racines d’écrits soporifiques.
Ma longue marche vers le bonheur était en pause.
Le temps passait et je n’avais pas obtenu gain de cause.
J’aimais vider mon encrier sur un bout vierge de papier.
Ce dernier servait de refuge aux paroles de mon âme avariée.
Avec l’usage de simples combinaisons de mots,
J’exposais l’étendue et l’impact de mes maux.
À force d’écrire, j’avais aiguisé la pointe de ma plume.
Elle devenait une arme contre mon amertume.
Cette poésie me donnait une nouvelle identité,
Un nouveau départ et une folle témérité.
Sans réserve, j’osais écrire ce que je vivais.
Je ne considérais plus ce que les ignorants disaient.
D’aucuns diront sûrement que je suis morose,
Tout en ignorant que ma vie n’avait pas toujours était rose.
Comme une péripatéticienne, je me mettais nu.
J’enlevais cette veste réversible dont j’étais vêtu.
L’objet de mes désidératas, c’était de m’affirmer.
Le silence n’était plus d’or, je devais donc m’exprimer.
Je modelais patiemment des vers pour faire des strophes,
Car je n’imaginais pas narrer ma vie en textes amorphes.
À l’instar de ces grands poètes qui ont laissé des traces,
Je voulais aussi léguer des émotions à toutes les races.
La douleur peut changer d’appellation d’une façon culturelle.
Mais la façon dont elle est ressentie demeurera universelle.
Je dirais même que la souffrance est : la chose la mieux partagée.
Ma poésie lyrique me rapprochait de tous ces êtres enragés,
Qui, par peur de parler, devenaient martyrs de leur mutisme.
Leur silence en disait long sur leur crainte d’être victime de prisme.
Ce manque de courage, était trop souvent comblé par des larmes.
Elles reflétaient ostensiblement et impuissamment leurs états d’âme.
Comme ce liquide précieux dans mes veines,
Ces vers coulaient en torrent sans peine.
Écrire, m’était, sans doute, devenu vital,
Et comme une fleur, c’était mon pétale.
Depuis tout petit, j’aimais jouer avec les mots,
Et aujourd’hui, j’en fais des strophes exprimant des maux.
Les lettres m’avaient trop souvent servi.
Elles ont fait de mes souffrances, des esclaves asservis.
Mon âme succombait devant des rimes féminines.
Je sentais en moi, monter l’adrénaline.
Mon penchant pour elles, devenait incommensurable.
La poésie, telle mon seul itinéraire, m’était incontournable.
Ma poésie est ce que j’ai de plus de beau.
J’ai appris à différencier le vrai du faux.
J’ai appris à supporter ce fardeau,
Qui, jadis, me faisait courber le dos.
Difficile à saisir, la profondeur de mes rimes,
Faisait la beauté de ces pensées qui m’animent.
Je m’enfuyais des défauts de ce monde de barbare,
Que la société avait communément baptisés : tares.
Ma condition humaine m’avait appris à supporter,
Le lourd fardeau, de cette existence que je portais,
Sur mes petites épaules endolories et à bout de force.
Ma nouvelle démarche me faisait bomber le torse.
Et au fond de moi, j’avais une grande fierté,
Qui se cachait, discrètement, sous ma taciturnité.
Je ne voulais pas ressembler à mon entourage.
Dans la masse, je me fondais, avec un peu de décalage.
Ma vie, comme celle de mes pairs, était un don de Dieu.
Je n’ai jamais su apprécier ce que j’avais sous les yeux.
Il est des moments, où j'ai réfuté, farouchement mon sort,
Contre l’avis de tous mes proches, à raison ou à tort.
Ils étaient si peu, les personnes à qui je pouvais me confier.
Et parmi eux, rares étaient ceux qui pouvaient m’édifier,
Quand mes tourments me rendaient la vie dure,
Car à mes souffrances, ils ne donnaient pas d’envergure.
Toute mon enfance, j’ai été un souffre-douleur,
Et aujourd’hui les choses ont changées. L’heure,
Est à la révolte, je veux me dévoiler,
Au grand jour et de mes propres ailes, m’envoler.
Prendre le large et devenir prisonnier des lettres alphabétiques.
Mon cœur battait, je vivais, je devenais euphorique,
Quand dans ma tête, mon passé triste défilait,
Et me donner tellement d’histoire à raconter.
Les plus tristes histoires font les meilleures rimes.
Raconter les choses dont je suis victime,
Constitue mon billet pour m’incruster dans votre vie.
Je raconte ma vie, mais au fond, c’est la vôtre que je décris.
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