Folie douce

il y a
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Mortellement mortifiée par le peu de lecteurs ayant visité mes textes, je pars, les épaules courbées (comme Julien). Bin ouai, chuis comme ça.... https://www.facebook.com/clotilde.herault  [+]

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Un bateau ?
Chuis d’dessus,
J’en suis les voiles et la mâture.
Vigie pirate, incognito.
Coffre au trésor vidé de tout.
Sans équipage.
Pas sans bateau.
Une île ?
Sauvage,
Je l’étais,
Parfumée d’alizés,
Peuplée de bouquetins.
Je suis
Bardée de ponts
Les sabots ont péri.
Les ailes aussi…
Ces petites ailes diaphanes qui faisaient de ma liberté un bien précieux présent.
Dépouillées mes ailes,
Diluées,
Aux flots du temps.
Voyage
Une muraille ?
J’en suis deux pierres,
Une du haut,
Une du bas…
Sans ciment.
C’est moi.
Un récif de corail ?
J’y nage…
Papillon lune,
Poisson étoile,
J’investis chaque refuge,
Me noie dans chaque songe.
Une pyramide ?
J’en suis la poussière,
Celle que les siècles ont pilée,
Émeri émollient,
Tempête apaisée.
J’étais pyramidion,
Je ne suis plus que sable.
Toute seule.
Une fleur dans la jungle ?
Chuis d’dedans,
Pistil,
Sépale,
C’est moi.
Intimement mêlée à cet éclatement,
Je n’existe que dans la chair de l’orchidée ou dans l’ensanglanté du tunberghia.
Je vis à leur travers et ne voyage pas.
Chuis seule.
Sans personne.
Une cathédrale ?
Pour prier qui ?
Visites muettes,
Yeux écarquillés…
Les vitraux plombés ne chatoient plus vraiment.
Les bénitiers n’ont plus d’eau,
L’autel est sacrifié.
Les bougies ?
Laissez-moi rire !
Mirages de lumières
Petits phares mouroyants.
Croire en quelqu’un,
Au glacé catacombe,
À l’homme crucifié
Au flambeau qui éclaire.
Voyage ?
Dans ma tête un mirage,
Le désert rougeoyant,
Le sable infiniment,
La mer qui tant apaise.
Voyage ?
Des palmiers ondulant,
Un cocktail bleu lagon,
Rien que du bien banal.
Sauf…
Sauf
Si l’aurore boréale vient poser de nouveau ses pastels vagabonds sur la toile diaphane de mes soupirs transis.
Sauf si…
Inspire…
Le bel été revient avec ses rires de gorge,
Ses éclaboussements et ses fuites volages.
Sauf si…
Vestiges exhumés,
Le feu revient à prendre sur mes cendres en sommeil.
Je me meurs de voyages.
De vrais voyages,
De ceux qui laissent dans la tête de flambants cerfs-volants ou de piteux vestiges.
Avoir le mal de mer sur un voilier.
Je prends.
Tracer sa route sur la muraille de Chine à en avoir des durillons.
Je prends.
Côtoyer les p’tits poissons sous l’eau chaude et salée.
Moi – moi – qui meurs dès que je n’ai plus pieds.
Je prends.
Voir les pyramides Incas, Aztèques, Toltèques.
Sacrifiée au dieu serpent.
Je prends.
Faire le tour de l’île
Empreinte devant moi
Je ne suis pas seule
Je ris… d’aise
Je prends.
Une fleur dans un lit, humide et affolante
Un bourdon qui s’agite, pour mon plaisir à moi.
Le chaud de son amour comme un doux édredon,
Ses mains qui me soutiennent
Je ne suis plus vacante.
JE SUIS EN VOYAGE.
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Fred Panassac · il y a
C’est un poème très fort qui mérite lecture !
Les pirates nous ont spoliés, ont volé nos commentaires, nos textes !
Je viens débuter une nouvelle liste de j’aime !

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