Federico

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Je ne suis en compétition qu'avec moi même et sachez que si vous aimez ce que j'écris, vous me comblerez plus que mille trophées  [+]

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Au loin les rires.

Au loin dans le ciel
Les étoiles,
La lune.

Au loin
Le feu
Éclaire le monde
Et les femmes qui dansent.

Le reflet du crépuscule
Miroite
Sur les bruissements de cette rivière
Où nos pas se seront croisés
Federico.

Je te regardais
L'âme grise,
Je te connaissais sans te connaître,
Tandis que l'eau
Voulait se libérer.

Dans le vacarme
Des villes,
Je savais
Ton nom qui
Résonnait
Mais
Louvoyait sous des tonnes
De papier.

J'étais ignorant,
Federico.

Alors tu m'as dit de me taire.
D'admirer
Le silence
Et
Les belles gitanes.

Tu savais pourtant
Que les silences brûlent
Mais
Jamais tu n'as craint le feu.
Jamais tu n'as craint
La brûlure du fer
Et de l'acier.

Alors
Je me suis tu.

Peu m'importait la brûlure,
J'ai serré avec toi le poignard
Pour qu'il tombe
Dans le voile noir
De la nuit.

Le silence nous accompagnait
Federico,
Le silence
Et la lune.

Cette nuit comme tant d'autres
La lune était violette.
Comme ces femmes
Elle dansait.
Elle dansait pour faire taire
Nos douleurs,
Les douleurs de la rose
Et du citron.

Alors j'ai pleuré
La beauté de notre monde
Comme pleurent les enfants.

Restaient avec nous
Les heures anciennes
Nous respirions
L'arôme,
Nous chassions
La rumeur,
Enfin nous regardions
Trembler le peuplier
Et les pouliches caracoler.

Je pleure encore
Federico.
Comme toi.
Je pleure encore
Les cavaliers morts,
Le jasmin et le lilas
Et les cyprès près de la maison blanche.

Mes yeux
Ne se tairont plus,
Federico.
Ils regarderont
L'azur
Les femmes
Et les enfants
Qui danseront eux aussi.

Le temps passe
Federico.
Le temps passe
Car voici venir l’automne.

Le sang de la lune coulera
Sur les feuilles
Et quand la source se tarira,
Elles seront brunes
Puis mourront.
Elles tomberont au sol

Et c’est alors
Que nos pieds les fouleront
Comme ces femmes qui dansent
Comme ces enfants qui dansent
Car nous nous souviendrons
Que les feuilles mortes
Seront toujours écrasées par
Les pieds des enfants.

Nos yeux
Ne se tairont plus, Federico.
Nos yeux ne se tairont plus
Et se souviendront.

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