Faim

il y a
1 min
609
lectures
325
Finaliste
Jury
J’ai passé tout mon temps à bouffer des étoiles,
À chercher la Grande Ourse à défaut d’une poêle.
J’ai tant crevé la dalle et la voûte des cieux
Que la faim de ce monde est dans l’esprit de Dieu.

J’ai ouvert grand ma gueule espérant qu’un oiseau,
Par chance ou par malaise, erre dans cet étau.
Mais les oiseaux du ciel ne sèment ni ne fauchent...
Et moi, fauché, je n’ai de leur goût qu’une ébauche.

En faim, je vous l’avoue, je suis fin connaisseur :
Du ventre tiraillé à l’étroite minceur.
La salive qui pend comme une corde chère.
La corde que j’accroche à ce grand conifère.

C’est vrai, l’homme ne vit pas seulement de pain !
J’ai pu vivre longtemps de vents et de parfums,
D’un morceau d’air blotti contre mes intestins
Comme une cornemuse, un mot, ou un lutin.

Mais ce soir je n’ai plus cette âme dans mes tripes,
Ce souffle qui gonflait mes boyaux tout en fripes !
J’ai passé tout mon temps à bouffer des nuages,
Des espoirs, des envies, des larmes et des rages.

Faim
325

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !