Face à lui je ressemble à l'automne

il y a
2 min
15
lectures
1
Le monde de nos fantasmes est aussi dangereux que celui des bas-fonds des villes à l’heure où tous les chats sont gris.
Les fantasmes sont un marasme dans lequel nos angoisses exultent, où nos désirs cachés explosent et s’assouvissent dans la nausée des images choquantes.
Quel est ce monde qui nous échappe ? Quelles sont ces idées qui nous raquassent, nous emprisonnent ? D’où vient leur existence qui nous habite ? Ces songes lâchés comme des cheveux au vent qui lisent dans le temps nos vérités, explorent les mystères...
9h00, le soleil a réapparu de l’autre côté de la fenêtre.
Mais sans surprise la journée se déroule, il est déjà 13h00 et personne ne m’attend.
Il pleut à nouveau, comme une source qui ne tarit jamais le ciel déverse son plein de gouttelettes qui viennent s’écraser sur les toits bruns. Je les entends, toutes précipitées contre les taules, puis le tonnerre vient encore ajouter à ce concert sa voix de basse qui gronde. Il effraie les oiseaux qui s’envolent, fuient les sommets de cheminées et d’antennes de télé. Il a reconquis son espace. Le ciel, comme une entité à part au-dessus du globe, est vide. Figé comme mon regard plein d’eau, il s’étend à perte de vue. Je hais les Dimanches, surtout lorsqu’ils sont lumineux. Ces Dimanches où l’on traîne toute la journée en chemise de nuit devant la télévision, avec un mal de crâne à tout rompre et un dégoût de soi à se vomir tout entier.. Enfin un jour, un jour comme les autres, ou pas tout à fait, levée triste couchée gaie, je l’ai vu. Il m’avait remarquée. C’est étrange comme l’Amour fait pleurer. Les yeux fermés c’est le velouté du noir imagé, la plénitude. Les yeux ouverts semblent dégorger de litres d’eau salée remontée du plasma lui-même. Alors sans dessus dessous, les hormones combinent de nouvelles formules chimiques et l’alliage de nos semences nacrées nous plonge dans une béatitude inconnue à ce jour. Juste répandues, elles brillent sur nos ventres plats, et les mains enserrées, l’étau nous étreint pour la première fois ainsi. Sur ses cordes tendues, sous ses doigts agiles tintent des notes magiques. Sous le charme ininterrompu du regard l’alchimie du désir opère chaque jour davantage.
je l'imagine...
Endormi pour un instant, son sommeil d’artiste le dessine comme un nu de Modigliani. Sa main droite alanguie au-dessus du vide est semblable à une feuille en suspend, nervurée de veines apparentes et ondulée de grâce. Ses boucles brunes ébahies de la nuit agitée s’éparpillent autour de son visage, et ses yeux clos sont comme deux lignes d’encre noire, ébouriffées de jambages. Son corps fin et galbé donne du relief à la tristesse du drap blanc, tel une douce colline de glaise sculptée, il est parfait. Tout est charme dans ce sommeil d’enfant où la tendresse est infinie. Il n’a ni la lourde haleine, ni la respiration rauque d’un homme d’âge mûr. Seul le mouvement de sa poitrine indique qu’il respire...
Face à lui je ressemble à l'automne
1

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !