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Et si toujours, tout recommence !

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Courmaline

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Il n’est plus venu depuis si longtemps !
Lorsque je ferme les yeux, derrière mes paupières closes,
Se danse un étrange ballet.
Les souvenirs rivalisent d’adresse pour retrouver un geste,
Le rythme d’un mouvement, la courbure d’une forme,
L’éclat d’une couleur, la texture d’une image.
Et tous chancellent, s’amalgament dans un brouhaha silencieux.
Je crois voir une lumière mais ce n’est qu’une lueur,
J’aperçois une silhouette mais ce n’est plus qu’une ombre
Aussi fugace que le temps qui s’égrène.
Lorsque je ferme les yeux, derrière mes paupières closes,
Tout me revient en vrac et si soudainement disparaît.
Il n’est plus venu depuis si longtemps !
Il faudrait, il faudrait...mais que faudrait-il donc ?
Murmurer un mot, entendre un son, capter un geste,
Apprivoiser la peur, renoncer à la colère.
Retrouver l’empreinte plus qu’à demi effacée,
Remettre mes pas dans les siens,
Ecouter l’air qui chante mille bruits
Dans le vacarme assourdissant d’une vie devenue inerte.
Tout est si pareil et si différent !
Le ciel a toujours ses humeurs,
Des jours de plein soleil aux jours de grand déluge.
Le vent, l’eau des rivières n’ont cessé de chanter,
Fredon imperceptible souvent,
Et puis, eux aussi, sujets à leurs caprices,
Parfois dans un déchainement tonitruant.
Il faudrait, il faudrait, je ne sais...
Il n’est plus venu depuis si longtemps !
Lorsque je rouvre les yeux et qu’ils revoient le monde,
Une voix lointaine, à peine un souffle,
Leur murmure: cherchez, cherchez encore, cherchez toujours.
Les voilà qu’ils m’échappent et se mettent à chercher,
La beauté d’un paysage, la pureté d’une musique,
La vigueur d’un mouvement, le rythme d’une danse.
Les voilà qui scrutent cet horizon nimbé d’un voile grisâtre,
Cette mémoire qui s’effrite au doux frottement des ans.
Ils ne se rendront pas sans se battre.
Ils appellent à la rescousse tout ce qui peut servir leur cause.
Là, un mot vient crever l’épaisseur de la détresse,
Et puis là, un éclat de rire, perce le rideau de la tristesse
Et là encore, un geste, comme une acrobatie,
Fait un pied-de-nez à ce corps qui se voulait inerte.
Il n’est plus venu depuis si longtemps !
Cet espoir, qui fait d’une vie, sa beauté et sa force.
Cet espoir, qui donne à voir, à entendre, à sentir.
Voilà qu’entre toutes ces idées noires, si bien entrelacées,
Il cherche encore et toujours à se faire une place.
C’est si bon de le revoir.
Il n’était plus venu depuis si longtemps !
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Grenelle · il y a
Bonjour, je suis venu, je n'ai aucune prétention. Je ne suis qu'un visiteur venu pour voir, entendre, sentir.