Et disparaître au printemps

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Je suis une taiseuse, donc j'écris  [+]

Image de Été 2018
Il allait perdre son père
C'était la fin de l'hiver.
Mais il le retenait,
L'enfant n'était pas prêt.
L'enfant avait cinquante ans.
Il restait tout petit
Face au père Louis.
Tous deux
Avaient vécu heureux,
Pendant ce demi-siècle
Dans le même habitacle.
Une petite lumière qui vacille :
C'est Louis, avec la douleur qui le vrille,
Et ses petits yeux noirs qui brillent.
L'enfant fixait cette lueur,
Il pensait au trou noir qui le happerait,
Quand la lumière de son père trépasserait.
Son monde s'écroulerait,
L'été serait l'hiver, il le savait.
Les mots oublieraient leur sens,
Les parfums perdraient leur essence.
Les sons bourdonneraient à ses oreilles,
Il bouderait la saveur des groseilles
Il n'irait plus chercher le miel de ses abeilles.

Puis il se statufia devant le lit de son père.
Il attendait un miracle sans savoir quoi faire.
Et Louis, allongé, souriait à la vie pour son fils.
Le père avait la force de cinq hommes ,voire de dix.
L'enfant cherchait dans les yeux du vieillard un sursis.
Il le trouva, dans la patience de Louis.
Le père apprivoisait sa souffrance comme
La souris attend que le chat ait fini de jouer
Avec elle, avant de la croquer.
Louis serrait ses poings,
Ses mains étaient douces.
Louis n'irait pas loin,
Il suffisait qu'on le pousse.
Un "je t"aime" Papa,
Suffira à faire ce pas,
Ce chemin vers le trépas.
Sans regret, sans remord,
Le père et le fils n'ont pas tort.
Ils s'apprennent à se détacher
En douceur, pour que reste le verbe Aimer.

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