Errance, déshérence

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Boris Vian : "Un homme digne de ce nom ne fuit jamais. Fuir c'est bon pour les robinets."  [+]

Je m’oriente et je m’occidente ;
Les illusions de la jeunesse
Fondent dans le mépris d’aînesse.
C’est la colère militante.

Ô ! Société sans idéaux,
Je m’égare et je me déroute ;
J’arrache sous la peau la croûte
De tes avares oripeaux.

Je m’exile et je m’exotique ;
Loin des mensonges de tes gens
Qui ruinent la couleur du sang.
Il ne faut pas que je m’explique.

Les misanthropes clairvoyants
Ont aperçu le crépuscule
Et l’Homme au milieu, minuscule,
Sonné par le Vent aboyant.

Me voilà parsemé de boue
Non, je ne suis pas Maldoror !
Je n’ai rien pour faire de l’or ;
Une balafre sous la joue.

Le phare obsédant de la peur
Coule en mon âme sans renforts :
Qui suit ta raie de réconfort
Se perd dans toutes les vapeurs.

Je m’oriente et je m’occidente ;
Comme un vagabond sans espoir
Je chante à la Lune le soir
La fin de ta vie, insouciante.

Tu meurs sans héritage, ô temps !
Que reste-t-il de nos fortunes
(Radeaux misérables de thunes ?)
Que reste de l’Homme ? Une dent !
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