Éphéméride grecque, Ô l'oiseau.

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Après la chute d'une pluie de mai
Dans un nuage incandescent
M'est apparu l'oiseau suprême
Mes habits sales sont indécents

On dit qu'il est le roi du ciel
Que de ses pennes il porte la voûte
Voilà qu'Atlas aurait des ailes
Toi bel oiseau éclaire ma route

La colombe annonce la paix
La cigogne apporte l'enfant
Le corbeau dénonce la pègre
Le symorgh est son enfant

Il n'a point d'ombre, il irradie
Fils du soleil ou ange céleste
Et en parure il se vêtit
D'une seule plume de chaque espèce

Quant à son chant, sans équivoque
C'est sans solfège qu'il a appris
À jouer orgue, lyre, ventriloque
Pleure Eurydice au paradis

Sa voix est opium de sirènes
Il a fait taire plus d'un orage
Car les muses dansent dans ses veines
Ô est ce bien toi ou un mirage

Les deux aigles annoncent la guerre
Le coq apporte le lys
L'ibis devient le mystère
Le phénix est lui son fils

Mais il rugit le volatile
Les danaïdes en sont témoins
Quant à mon souffle le vola-t-il?
Ô, tout tes fils forment un essaim

Dans mes yeux je vis le divin
Son corps n'était point fait de pain

Il avait les yeux, les yeux d'opale
Et un grand bec de cormoran
Plus de neuf queues, des queues ovales
Et puis deux pattes de flamant

L'hirondelle annonce la houle
Le hibou apporte le soir
Les tourterelles rient de la foule
Et pégase est son bâtard

Deux grandes ailes, charpente d'étoiles
Qu'il fit tournoyer dans les cieux
Ô, par pitié sers moi de voile
Je veux venir écrire pour Dieu

D'un sifflement il accoucha
D'une rafale d'acier chaud
Un coup d'épée, l'océan plat
Il en naquit deux grands murs d'eaux

Et on son centre, je ne pus croire
À la présence d'un château
Il était là, je pus le voir
J'allai à pied et sans bateau

La chouette est sur l'obole
Le cygne devient symbole
La perdrix est dans la gueule
Le noble roc est son filleul

En cent pas ou plus j'y étais
Au pied de mon Palais de nacre
Ô souffla, je vis se changer
Habits sales en habits de sacre

Assis sur mon beau trône blanc
Une couronne de bois flottés
Je vis flotter mes rêves d'antan
Et toutes ces femmes amours d'été

Le poète est dans ses serres
La corneille est sur la feuille
Le paon tète sous la mer
Osiris dans son œil

Le Palais n'était qu'une cage
Pour cet oiseau lyriciste
Il y comprit les présages
De tous les animaux tristes

Condamné à faire naître
De douces litanies ailées
À airer en poète
Dans les longs couloirs d'Égée

Certains disent avoir eu vent
De ses lamentations
Que ses larmes avec le temps
Lui ont noyé sa passion

Mais on dit également
Que des ailes lui pousseraient
Ainsi qu'un bec de toucan
Et des pâtes de roitelet

Je lui souhaite des yeux de geai
De geai moqueur évidement
Qu'il vole et vole avec ses reines
Et dans son cœur une vie d'amant
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